Un cap symbolique et funeste vient de tomber. L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a franchi, selon un rapport publié jeudi 23 juillet 2026, la barre des mille morts.
Un bilan qui s’alourdit semaine après semaine
Le dernier rapport de situation, arrêté au 21 juillet, fait état de 1 033 décès pour 2 536 cas confirmés. Ce bilan est en hausse par rapport aux 999 décès et 2 473 cas recensés une semaine plus tôt, selon l’Organisation mondiale de la santé. Plus de 506 patients ont pu guérir, tandis que 738 personnes restent actuellement placées en isolement. Aucune nouvelle zone de santé n’a été signalée depuis le dernier bilan, maintenant à 47 le nombre total de zones touchées dans cinq provinces. Les autorités sanitaires congolaises décrivent une phase de « transmission soutenue », marquée par une forte circulation persistante du virus.
L’Ituri, épicentre d’une souche rare
La province de l’Ituri concentre l’essentiel des cas depuis la déclaration de l’épidémie, mi-mai 2026. L’épidémie est causée par la souche Bundibugyo, plus rare et moins bien documentée que la souche Zaïre habituellement rencontrée en RDC. Le bilan reste stable en Ouganda voisin, avec deux décès pour vingt cas confirmés, les autorités ougandaises affirmant ne plus compter de malade actif. Le docteur Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle des maladies, a évoqué ce chiffre symbolique lors d’un sommet sanitaire tenu à Accra, rappelant que « ce sont des gens qui meurent ».
Deux essais cliniques porteurs d’espoir
Un motif d’optimisme relatif émerge néanmoins de cette crise. Deux essais cliniques testant des traitements contre cette souche rare ont débuté début juillet en Ituri. Aucun vaccin ni traitement homologué n’existait jusqu’ici spécifiquement contre la souche Bundibugyo. L’Agence sanitaire de l’Union africaine a par ailleurs appelé les États-Unis à lever les restrictions de voyage imposées aux ressortissants américains revenant de RDC, restrictions qu’elle juge inefficaces pour freiner la propagation du virus. Cette demande fait écho à la polémique suscitée début juillet par un centre de quarantaine américain construit au Kenya, dont la légalité reste contestée localement.
Un précédent qui rappelle 2018-2020
La dixième épidémie d’Ebola en RDC, entre 2018 et 2020, avait fait 2 280 morts sur plus de 3 460 cas signalés dans l’est du pays. Cette flambée actuelle progresse plus rapidement que les précédentes, selon plusieurs épidémiologistes cités par la presse internationale. Elle se déroule dans un contexte sécuritaire régional déjà fragilisé par les combats contre l’AFC-M23 et une agitation politique croissante à Kinshasa. Cette conjonction de crises sanitaire, sécuritaire et politique complique durablement la capacité de réponse des autorités congolaises face à l’épidémie.
La RDC parviendra-t-il à contenir cette épidémie avant qu’elle ne dépasse le bilan de la dixième flambée de 2018-2020 ?
Xolomo Tokpa

