Un village du Lot devient, chaque été, un carrefour africain. Le festival Africajarc a ouvert, ce jeudi 23 juillet 2026, sa 27e édition. Il se tient pendant quatre jours de concerts, cinéma et grand marché artisanal.
Un rendez-vous gratuit depuis 1999
Le festival se tient jusqu’au 26 juillet dans les rues et sur la place du Foirail, à Cajarc. Il célèbre chaque été les cultures d’Afrique depuis sa création en 1999. Musique, littérature, contes, arts plastiques et cinéma composent une programmation multidisciplinaire. Depuis 2024, l’ensemble des concerts et activités sont gratuits pour les festivaliers. Chaque édition met à l’honneur un pays ou une région spécifique du continent africain. Il mêle artistes confirmés et jeunes talents émergents dans sa programmation.
Un grand marché au cœur de l’expérience
Le Grand Marché constitue l’un des piliers de cette manifestation. Il propose créations artisanales, vêtements, bijoux, tissus et une offre gastronomique africaine variée. Les restaurants du village restent également ouverts durant toute la durée du festival. La programmation 2026 inclut notamment les artistes Bassi Bakambi, Djusu et Afro Dream ce vendredi 24 juillet. Kady Diarra, Sofaz et le Kanazoé Orkestra doivent animer la soirée du samedi 25 juillet. Enfin, la clôture du dimanche 26 sera assurée par Amira Kheir, Fethi Trab et le duo Ihab Radwan.
Un maillon d’un réseau de festivals africains en France
Africajarc s’inscrit dans un réseau plus large de festivals dédiés aux cultures africaines en France métropolitaine. Le Festival International Nuits d’Afrique de Montréal, fêtant lui aussi ses quarante ans cet été, avait rassemblé plus de 700 artistes venus d’une trentaine de pays mi-juillet. Ces manifestations, qu’elles se tiennent en France, au Québec ou ailleurs dans la diaspora, participent d’une même dynamique de valorisation culturelle. Elles permettent à un large public occidental de découvrir des expressions artistiques africaines contemporaines. Ainsi, elles offrent une vision éloignée des représentations parfois réductrices véhiculées par l’actualité migratoire ou humanitaire.
Une fréquentation qui ne cesse de croître
Le festival attire chaque année entre 20 000 et 25 000 festivaliers dans ce village lotois de quelques centaines d’habitants. Cette affluence transforme temporairement Cajarc en un pôle culturel majeur de la région Occitanie durant quatre jours de fête. Cette croissance constante témoigne de l’appétit grandissant du public français pour les cultures africaines contemporaines. Elle confirme aussi la capacité de petites structures associatives locales à porter, sur la durée, des événements culturels d’envergure nationale. Cela se passe loin des seuls grands centres urbains parisiens ou lyonnais.
Ces festivals de village peuvent-ils durablement changer le regard porté sur l’Afrique dans la France rurale ?
Xolomo Tokpa

