Les salles de classe africaines au cœur des débats. Lilongwe accueille depuis mercredi 15 juillet 2026 le sommet Flex2026, consacré à la lutte contre la « pauvreté éducative » sur le continent.
500 participants, 34 ministres réunis
La conférence se tient jusqu’au 17 juillet au Centre international de congrès Bingu de Lilongwe. Elle rassemble environ 500 participants, dont 34 ministres africains de l’Éducation. Son thème, « Des engagements aux résultats », résume l’ambition de cette troisième édition. Après Freetown en 2023 et Kigali en 2024, c’est au Malawi de recevoir ce rendez-vous continental. Le ministre malawien Bright Msaka a salué l’honneur d’accueillir cette édition dans son pays.
Un objectif fixé pour 2035
Les participants doivent évaluer les progrès réalisés depuis l’engagement pris à Kigali en 2024. Cet engagement visait à mettre fin à la « pauvreté des apprentissages » en Afrique d’ici 2035. Le secrétaire général du ministère sénégalais de l’Éducation, Papa Malick Ndao, a rappelé cette promesse historique. Il insiste sur la nécessité de données fiables pour transformer durablement les systèmes éducatifs. Une déclaration commune, issue de trois jours de tables rondes, doit être publiée à la clôture du sommet.
Des défis structurels bien identifiés
L’Union africaine liste plusieurs obstacles majeurs à l’apprentissage fondamental. Les enseignants sous-payés, le manque d’investissement et l’absence d’accompagnement scolaire à la maison en font partie. Les chocs climatiques et les conflits armés viennent aggraver cette situation dans plusieurs régions du continent. Le retrait des aides américaines au développement, survenu ces derniers mois, complique aussi le financement des systèmes éducatifs. Un participant confie à RFI que « l’objectif, c’est vraiment que le continent pense à ses propres financements ».
L’éducation comme investissement stratégique
L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique, coorganisatrice de l’événement, insiste sur un changement de discours nécessaire. Elle appelle à considérer l’éducation non comme une dépense, mais comme un investissement stratégique de long terme. Ce changement de regard doit accompagner le développement économique global du continent. La précédente édition de 2024, à Kigali, avait déjà posé les bases de cet engagement collectif. Reste à savoir si Lilongwe parviendra à transformer ces intentions en résultats mesurables pour les enfants du continent.
L’Afrique parviendra-t-elle à financer seule l’éducation de ses enfants, sans dépendre des aides internationales en recul ?
Xolomo Tokpa

