Le suspense aura été de courte durée. Le président sortant Carlos Vila Nova a été réélu à São Tomé dès le premier tour de la présidentielle santoméenne, selon les résultats officiels publiés lundi 20 juillet 2026.
Une victoire nette, une abstention forte
Vila Nova a obtenu 55,94% des suffrages exprimés lors du scrutin du dimanche 19 juillet. Il devance largement son principal adversaire, le député Nito Viegas D’Abreu, crédité de 41,42% des voix. Ce dernier, issu du même parti que le président, était soutenu par l’ancien Premier ministre Patrice Trovoada. La Commission électorale nationale a validé ces résultats sans réserve. « Ces résultats sont valides et aucune irrégularité n’a été détectée », a déclaré son président, Jeudiger Nascimento, lors de la proclamation. Le scrutin a néanmoins été marqué par une abstention importante, reflet possible d’une lassitude démocratique.
Un second mandat entamé dans la tourmente
Ce nouveau mandat de cinq ans s’ouvre dans un contexte politique agité. Le 6 janvier 2025, Vila Nova avait limogé le Premier ministre Patrice Trovoada et son gouvernement. Il invoquait alors ses absences prolongées et l’incapacité de son cabinet à résoudre les difficultés du pays. Trovoada avait dénoncé un limogeage « illégal » et « inconstitutionnel ». Le pays avait ensuite connu trois Premiers ministres en l’espace d’une semaine, avant la nomination d’Ilza Amado Vaz, elle aussi rapidement démissionnaire.
Une économie en redressement, sous surveillance
La Banque mondiale projette une croissance moyenne de 3,7% entre 2026 et 2028 pour cet archipel du golfe de Guinée. Cette dynamique s’appuie sur les réformes énergétiques, le tourisme et l’agriculture. Le PIB par habitant est estimé à environ 4 222 dollars. Environ 13% de la population vivait sous le seuil international de pauvreté en 2024, un taux qui devrait reculer à 12,8% en 2027. L’institution de Bretton Woods insiste sur la nécessité d’une protection sociale renforcée pour accompagner ces réformes, sans quoi les ménages les plus modestes resteraient les grands perdants de cette transition économique.
Un scrutin sous observation internationale
La Mission d’observation électorale de l’Union européenne avait déployé plusieurs contingents d’observateurs de courte et longue durée, dès le mois de juin. Ce niveau d’attention internationale illustre l’importance accordée à la stabilité démocratique de ce petit État insulaire. Avec moins de 230 000 habitants, São Tomé-et-Principe reste rarement au centre de l’actualité continentale. Ce scrutin confirme néanmoins la capacité du pays à organiser des élections jugées transparentes, dans une région où les alternances pacifiques restent parfois l’exception plutôt que la règle.
Un second mandat suffira-t-il à Vila Nova pour stabiliser durablement les institutions santoméennes ?
Xolomo Tokpa

