Guinée : Doumbouya critique les sanctions à la CEDEAO

Un retour marqué du sceau de la franchise. Le président guinéen Mamadi Doumbouya a participé, ce dimanche 19 juillet 2026, au 69e sommet de la CEDEAO en Sierra Leone. Il s’agissait de sa première depuis les sanctions post-coup d’État.

« Les sanctions ne sont pas la solution »

Doumbouya s’est exprimé sans détour devant ses homologues réunis à Lungi. « Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe, alors qu’elle devrait être le dernier recours », a-t-il déclaré. Il a insisté sur les conséquences concrètes de ces mesures pour les populations. « La sanction frappe d’abord et surtout les enfants dans les salles de classe, les femmes sur les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers », a-t-il ajouté. Ce discours marque un tournant dans le ton employé par Conakry face à l’organisation régionale.

Un retour attendu depuis le coup d’État de 2021

La Guinée avait été suspendue des instances de la CEDEAO après le renversement d’Alpha Condé en septembre 2021. Cette participation constitue un tournant diplomatique majeur pour le pays. Elle intervient après l’installation, le 17 juillet, de la première Assemblée nationale de la Cinquième République guinéenne. De plus, ce retour progressif à l’ordre constitutionnel semble avoir levé les derniers obstacles à une réintégration pleine et entière de la Guinée au sein des institutions ouest-africaines. Cela se produit plus de quatre ans après la rupture initiale.

Un précédent qui résonne au Mali et au Niger

Le message de Doumbouya rejoint des critiques déjà formulées par d’autres pays sous sanctions. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient officiellement quitté la CEDEAO en janvier 2025, dénonçant des sanctions jugées disproportionnées après leurs coups d’État respectifs. Ces trois pays, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, restent aujourd’hui en dehors du giron de l’organisation régionale. Toutefois, contrairement à eux, la Guinée a choisi la voie du dialogue maintenu. Elle n’a jamais rompu totalement ses liens institutionnels avec la CEDEAO malgré la suspension.

Un test pour la nouvelle présidence sénégalaise

Ce discours intervient au moment même où le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye prend la présidence en exercice de l’organisation. Faye devra composer avec des critiques désormais partagées par plusieurs chefs d’État en transition. Sa capacité à réformer les mécanismes de sanction de la CEDEAO, sans pour autant renoncer à toute exigence démocratique, déterminera en partie le succès de son mandat. Enfin, la sortie de Doumbouya illustre une tension de fond au sein de l’organisation. Elle révèle un équilibre délicat entre fermeté institutionnelle et pragmatisme diplomatique face aux transitions militaires du Sahel et de Guinée.

La CEDEAO peut-elle réformer sa politique de sanctions sans renoncer à ses exigences démocratiques fondamentales ?

Xolomo Tokpa

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