Le train de la reconquête diplomatique poursuit sa course. Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema entame ce lundi 20 juillet 2026 une visite d’État de trois jours en France.
Une délégation de plus de 80 membres
Le chef de l’État gabonais est accompagné d’une importante délégation, composée de ministres, d’hommes d’affaires et de journalistes. Il sera reçu ce lundi par Emmanuel Macron au palais de l’Élysée. Selon la présidence gabonaise, cette visite se concentre sur l’économie et le rééquilibrage des relations bilatérales. Il s’agit du second déplacement d’Oligui Nguema à Paris depuis son arrivée au pouvoir. Sa première visite remontait à fin mai 2024, quelques mois après le coup d’État qui avait renversé Ali Bongo en août 2023.
Le Transgabonais, dossier prioritaire
La modernisation du Transgabonais figure en tête des chantiers évoqués. Ce corridor ferroviaire relie Libreville à Franceville sur environ 650 kilomètres. Sa réhabilitation, jugée stratégique, est estimée depuis plusieurs années à des centaines de milliards de francs CFA. La sécurité régionale dans le golfe de Guinée et la gouvernance environnementale des forêts du Bassin du Congo complètent l’agenda bilatéral. Le Gabon pousse activement ce dernier dossier sur la scène internationale depuis 2021, se positionnant comme gardien de l’un des principaux poumons forestiers de la planète.
Une suite logique à la visite de Macron à Libreville
Ce déplacement fait suite au séjour d’Emmanuel Macron à Libreville, les 23 et 24 novembre 2025. Le président français avait alors salué le « parachèvement de la transition » gabonaise. Cette rencontre de novembre avait permis de relancer plusieurs projets concrets. La formation des forces armées gabonaises, la création d’une académie pour la protection des ressources naturelles et le soutien français à la remise à niveau du Transgabonais en faisaient partie. Un accord avec le groupe minier Eramet, doublé d’un appui de l’Agence française de développement, portait notamment sur la transformation locale du manganèse gabonais.
Un revirement diplomatique remarquable
Ce rapprochement franco-gabonais tranche avec la situation d’il y a moins de trois ans. Le Gabon avait alors été suspendu de plusieurs instances internationales après le coup d’État de 2023. Oligui Nguema revendique aujourd’hui un « partenariat équilibré » et « d’égal à égal » avec Paris. Cette trajectoire contraste avec celle du Burkina Faso, qui a rompu ses relations diplomatiques avec la France début juillet 2026. Elle illustre la diversité des chemins empruntés par les transitions militaires africaines récentes face à l’ancienne puissance coloniale, entre rupture frontale et partenariat renouvelé.
Le Gabon peut-il durablement concilier souveraineté affirmée et partenariat étroit avec son ancienne puissance coloniale ?
Xolomo Tokpa

