Neuf équipes africaines qualifiées pour les seizièmes. Peu rescapées : le Maroc pour le moment. Le Sénégal menait 2-0 la Belgique avant de s’effondrer en quatre minutes. La Côte d’Ivoire a manqué dix occasions avant qu’Haaland décide. La RDC tenait l’Angleterre avant de craquer. L’Afrique du Sud, le Ghana, l’Algérie — toutes sorties. Le constat est brutal. Et il mérite d’être regardé en face.
Un premier tour historique, un deuxième tour catastrophique
Jamais autant d’équipes africaines n’avaient atteint les seizièmes de finale d’une Coupe du monde. Sur dix participantes, neuf ont passé la phase de poules. La Tunisie seule est restée au bord du chemin — et pour cause : des querelles internes au sein de l’encadrement technique ont miné sa campagne. Mais dès les seizièmes, le résultat a été sans appel. Le bilan est le pire possible pour l’ambition affichée.
Le Sénégal : le symbole le plus cruel
Les Lions de la Téranga ont mené 2-0 la Belgique à Seattle, avec Habib Diarra (24e) et Ismaïla Sarr (51e). Ils ont été reverser en quatre minutes — Lukaku à la 86e, Tielemans à la 89e. Puis une faute de Lamine Camara à la 120e offre le penalty de la victoire. Score final : 3-2 pour la Belgique. C’est le scénario le plus douloureux du Mondial africain 2026. Mener 2-0, gérer, craquer. Ce n’est pas un manque de talent. C’est un manque de solidité mentale dans les moments décisifs.
La RDC, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire : trois défaites sur le fil
Les Léopards ont dominé l’Angleterre avant de s’incliner 2-1. Les Bafana Bafana ont perdu 1-0 face au Canada sur un but de Eustaquio dans les arrêts de jeu. Les Éléphants ont multiplié les occasions avant qu’Haaland ne retourne le match. Ces trois équipes n’ont pas été écrasées. Elles ont perdu sur des détails. Des détails qui font la différence au niveau mondial.
Le plafond des huitièmes : structurel ou conjoncturel ?
La question est posée depuis 2002, quand le Sénégal atteignait les quarts de finale. En 2022, le Maroc allait en demi-finale. Ce sont des exceptions. La règle, c’est une élimination au deuxième tour. Pourquoi ? Les facteurs sont connus. Les championnats nationaux africains restent en deçà des grands championnats européens. Les conditions d’entraînement, la récupération, la préparation mentale — tout accuse un retard structurel. Le format élargi à 48 équipes permet à l’Afrique d’entrer en masse. Il n’efface pas les écarts de préparation.
Le Maroc, debout
Mohamed Ouahbi a construit une équipe solide, organisée, mentalement robuste. Bono, Hakimi, Saibari, Issa Diop — un collectif huilé. Le Maroc affronte le Canada en huitièmes demain à Houston. Si les Lions passent, ils retrouvent potentiellement la France en quarts. Un remake de la demi-finale de 2022. L’Afrique a un porte-drapeau ce Mondial. Un seul. Et il vaut mieux qu’il aille loin.
Neuf équipes qualifiées, une rescapée : est-ce le signe que l’Afrique progresse quantitativement mais stagne qualitativement — ou faut-il voir dans ces défaites sur le fil la preuve que l’écart se réduit, match après match ?
Xolomo Tokpa

