Troisième journée du baccalauréat unique en Guinée ce 3 juillet. Le bilan de fraude est stupéfiant. Pour le Bac 2026 Guinée fraude, la situation inquiète les autorités. À Siguiri, 344 téléphones portables saisis en une seule journée — un record absolu dans l’histoire des examens guinéens. À Forécariah, 23 personnes arrêtées avec des corrigés complets. Un professeur de chimie est activement recherché. Le cerveau d’un réseau organisé vient d’être démantelé à Boké. La Ve République guinéenne passe son premier baccalauréat dans le chaos.
Siguiri, Kankan, Faranah : la carte de la fraude
Siguiri est en tête. 344 téléphones saisis en une journée par le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation. À Kouroussa, deux candidats éliminés sur-le-champ pour téléphone dissimulé, deux surveillants remplacés pour manquement aux consignes. À Kindia, 19 candidats et 14 surveillants ont été exclus au cours des deux premières journées. Ces chiffres ne sont pas des données consolidées — le porte-parole Mohamed Ansa Diawara a confirmé que les statistiques nationales complètes ne seront publiées qu’à la fin des épreuves.
Le professeur de chimie : un réseau organisé, pas une tricherie individuelle
Ce n’est pas un simple candidat qui photographie son sujet. C’est un enseignant. Un professionnel de l’éducation nationale, identifié comme administrateur de plusieurs groupes WhatsApp et Telegram diffusant les corrigés en temps réel pendant les épreuves. Les enquêtes menées par les services compétents ont permis d’identifier le présumé auteur. Il est activement recherché. Parallèlement, le réseau de Boké — dont le cerveau a été arrêté — alimentait plusieurs groupes numériques de manière coordonnée. La fraude au Bac 2026 est organisée, structurée, professionnelle.
La saisie de 344 téléphones dit quelque chose de profond
344 téléphones dans une seule préfecture, en une seule journée. Ce chiffre ne dit pas seulement que des élèves trichent. Il dit que des élèves ont payé pour tricher. Que des familles ont investi dans des appareils pour assurer la réussite de leurs enfants. Que la confiance dans le mérite scolaire est si faible qu’on préfère payer un réseau de fraudeurs plutôt que de faire confiance à l’école. C’est le signe le plus clair de la défaillance d’un système éducatif. Pas des élèves.
Le ministère répond — mais avec les mauvais outils
Le ministre Alpha Bacar Barry avait prévenu : tolérance zéro. Les sanctions sont réelles — exclusion immédiate, recalage possible même après proclamation des résultats, radiation de la fonction publique pour les agents complices, fermeture d’établissements privés impliqués. Ces mesures sont nécessaires. Elles ne sont pas suffisantes. Guinée7.com le formule clairement : « La mission première d’un ministère de l’Éducation n’est pas d’organiser la chasse aux fraudeurs. Elle est de faire en sorte que le plus grand nombre d’élèves atteigne le niveau requis pour réussir. »
Trois candidats sur dix — et personne n’en parle assez
Depuis des années, le taux de réussite au bac guinéen oscille autour de 30 %. Trois candidats sur dix obtiennent leur diplôme. Ce n’est pas normal. Ce n’est pas une preuve de rigueur. C’est un aveu d’échec pédagogique. La fraude industrielle est la conséquence visible de cet échec invisible. Quand l’école ne prépare pas ses élèves à réussir honnêtement, elle les pousse à chercher d’autres voies.
Quand 344 téléphones sont saisis dans une seule préfecture en une journée, est-ce la preuve que les élèves guinéens sont malhonnêtes — ou que le système éducatif ne leur a pas donné les moyens d’être honnêtes ?
Xolomo Tokpa

