Mali : FLA et JNIM frappent Gao et Sévaré

Dès 5h du matin le 4 juillet 2026, une offensive coordonnée a frappé simultanément le nord et le centre du Mali. Gao, Anéfis, Aguelhoc, Sévaré et la prison de Kéniéroba — à 70 kilomètres de Bamako — ont été visées en même temps. Le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) opèrent ensemble. Africa Corps est retranché dans son camp à Gao. Deux mois après la mort du ministre de la Défense Sadio Camara, le Mali vit sa deuxième offensive d’ampleur.

Ce qui s’est passé le 4 juillet

À Anéfis, les rebelles du FLA ont pris le contrôle de la ville et fait des prisonniers militaires maliens. À Gao, verrou stratégique du nord, des tirs intenses et des explosions ont été signalés près d’un camp de l’armée pendant toute la matinée. Les vols civils ont été annulés. À Sévaré, des explosions ont retenti à l’aube sur l’axe de Konna. La prison de Kéniéroba — qui abrite 2 500 détenus dont des militants jihadistes — a elle aussi été attaquée. L’état-major des FAMa a affirmé en milieu de matinée avoir « vigoureusement repoussé » les assauts. Sur le terrain, la situation restait confuse selon les témoins joints par l’AFP et Jeune Afrique.

Une coordination inédite FLA-JNIM

Ce qui frappe les analystes, c’est le niveau de coordination. Le FLA est un mouvement indépendantiste touareg. Le JNIM est une organisation jihadiste affiliée à Al-Qaïda. Ces deux entités avaient des agendas distincts — et parfois contradictoires. Depuis l’offensive du 25 avril 2026, elles opèrent de concert. Le correspondant de France 24, Wassim Nasr, expert des mouvements jihadistes, confirme : « Les jihadistes du JNIM et les rebelles du FLA sont sur le même terrain et il y a des passerelles entre eux. » Cette convergence représente une menace qualitativement nouvelle pour la junte de Goïta.

Africa Corps retranché — le partenaire russe sous pression

Africa Corps, successeur du groupe Wagner, est présent à Gao et Kidal. Pendant l’offensive du 4 juillet, ses forces sont restées dans leurs camps, sous le feu des mortiers et des mitrailleuses lourdes des assaillants selon des sources locales. Ce n’est pas la première fois. Lors de l’offensive du 25 avril, Africa Corps avait subi des pertes significatives. La question posée à Bamako est désormais publique : le partenaire russe protège-t-il réellement le Mali — ou se protège-t-il lui-même ?

Kidal perdu, Gao menacé : la géographie du désastre

En avril 2026, les rebelles avaient repris Kidal — que l’armée malienne et Africa Corps avaient reconquise en novembre 2023 au prix de lourdes pertes. Fin avril, le ministre de la Défense Sadio Camara avait été tué dans sa résidence. En juillet, Gao — deuxième ville du nord et verrou stratégique — est attaquée pour la deuxième fois en deux mois. Le JNIM a également maintenu depuis septembre 2025 des blocus de routes menant à Bamako, créant des pénuries de carburant dans la capitale. La junte Goïta gouverne un territoire qui rétrécit.

Quand le FLA et le JNIM frappent simultanément cinq villes en une nuit, deux mois après avoir tué le ministre de la Défense, l’Alliance des États du Sahel peut-elle encore prétendre offrir un modèle sécuritaire viable à ses populations ?

Xolomo Tokpa

Dernières Infos
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici