Soixante-sept minutes pour ne pas oublier. Le 18 juillet 2026, le monde a célébré la Journée internationale Nelson Mandela. Cela s’est déroulé sur fond de conflits multipliés et de démocraties africaines fragilisées.
Un thème qui interpelle directement le continent
Les Nations unies ont retenu pour 2026 le thème « il est encore entre nos mains de combattre la pauvreté et l’iniquité ». Cette formule s’inscrit dans le cycle décennal 2019-2029 consacré par l’ONU à la lutte contre la pauvreté. Chaque 18 juillet, jour anniversaire de la naissance de Mandela en 1918 à Mvezo, la communauté internationale est invitée à consacrer 67 minutes à sa communauté. D’ailleurs, ce chiffre symbolique renvoie aux 67 années que Madiba a consacrées à la lutte contre l’injustice. Cela va de son engagement anti-apartheid à sa présidence.
Trente-trois ans après un Nobel partagé
En 1993, Nelson Mandela recevait le prix Nobel de la paix, partagé avec Frederik de Klerk. Cette distinction récompensait leur rôle conjoint dans la fin pacifique du régime d’apartheid sud-africain. L’année suivante, en 1994, Mandela devenait le premier président noir d’Afrique du Sud élu au suffrage universel. Cette double séquence, de 1993 à 1994, reste considérée comme l’un des tournants politiques majeurs du XXe siècle africain. Elle a inspiré plusieurs processus de réconciliation nationale ailleurs sur le continent, notamment au Rwanda après le génocide de 1994.
Un héritage confronté aux réalités de 2026
Cette commémoration intervient dans un contexte continental particulièrement tendu. Le Soudan reste plongé dans une guerre civile qui a déplacé plus de 14 millions de personnes depuis avril 2023. Plusieurs transitions militaires ont lieu du Mali au Burkina Faso en passant par la Guinée. Ainsi, cela interroge la solidité des processus démocratiques africains. En Afrique du Sud même, pays natal de Mandela, les inégalités économiques restent parmi les plus élevées au monde. Le coefficient de Gini sud-africain, mesure de l’inégalité des revenus, dépasse 0,63. Il s’agit là de l’un des niveaux les plus élevés recensés par la Banque mondiale.
Une résolution portée par plus de 50 pays
La résolution de l’ONU instituant cette journée, adoptée en novembre 2009, avait été coparrainée par plus de cinquante pays. Ce large soutien reflète l’ampleur de l’admiration mondiale suscitée par l’héritage de Mandela. Il a reçu plus de 250 distinctions au cours de sa vie. Parmi elles, on compte la Médaille présidentielle américaine de la Liberté et le prix Lénine pour la paix soviétique. De plus, cette reconnaissance transcontinentale illustre combien sa figure dépasse le seul cadre sud-africain. Ainsi, il incarne un symbole universel de réconciliation face à l’injustice systémique.
L’héritage de Mandela peut-il encore inspirer une Afrique traversée par tant de nouvelles fractures politiques et sociales ?
Xolomo Tokpa

