São Tomé-et-Principe : la présidentielle sous tension

Un petit archipel du golfe de Guinée à l’heure des choix. La campagne présidentielle s’est achevée ce vendredi 17 juillet 2026, à la veille d’un scrutin qui s’annonce disputé.

Un second mandat loin d’être acquis

Le président sortant Carlos Vila Nova brigue un second mandat, mais sans l’unanimité de son propre camp. Il fait face à trois adversaires actifs : le député Nito D’Abreu, représentant de l’Action démocratique indépendante, ainsi que les juristes Eugénio Tiny et Miques João Bonfim. Un cinquième candidat, l’ancien Premier ministre Jorge Bom Jesus, s’est retiré après le délai légal. Son nom figurera pourtant sur les bulletins, sans possibilité de retrait technique. Une candidature, celle de l’homme d’affaires Nino Monteiro, a été rejetée par la Cour constitutionnelle pour des motifs liés à ses origines familiales.

Près de 142 000 électeurs, une diaspora mobilisée

Selon la Commission électorale nationale, 142 298 électeurs sont inscrits pour ce scrutin. Ce chiffre marque une hausse de près de 19 000 par rapport à 2022. L’électorat se répartit entre 121 771 votants sur le territoire national et 20 525 dans la diaspora. L’Union européenne a déployé une mission d’observation électorale pour garantir la transparence du processus. Un analyste politique santoméen, Liberato Moniz, évoque un climat globalement calme, tout en soulignant que les derniers changements sur les bulletins pourraient encore influer sur le résultat final.

Une démocratie jeune mais éprouvée

São Tomé-et-Principe a connu quinze années de régime marxiste à parti unique, sous la direction du MLSTP. Un référendum constitutionnel approuvé à plus de 95% des voix, en 1990, avait ouvert la voie au multipartisme et limité le mandat présidentiel à deux termes. Depuis cette ouverture démocratique, le pays alterne principalement entre l’ADI et le MLSTP. Cette stabilité politique relative contraste pourtant avec des difficultés économiques et sociales persistantes. Plusieurs candidats dénoncent une pénurie de médicaments essentiels dans les hôpitaux, en parallèle de soupçons de détournements de fonds publics pour l’achat de véhicules de luxe.

Un scrutin test pour la région

Ce vote intervient dans un contexte régional marqué par plusieurs transitions politiques tendues en Afrique centrale et de l’Ouest. São Tomé-et-Principe, petit État insulaire de moins de 230 000 habitants, reste rarement au centre de l’actualité continentale. Son scrutin présidentiel offre pourtant un cas d’école de démocratie électorale fonctionnelle sur un continent où les alternances pacifiques restent parfois l’exception plutôt que la règle. Les résultats définitifs sont attendus dans les jours suivant le vote de ce dimanche.

Une petite île peut-elle encore servir de modèle démocratique dans une région marquée par les coups d’État et les transitions prolongées ?

Xolomo Tokpa

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