La diplomatie cède le pas à la colère populaire. Le Ghana a annoncé ce mardi 7 juillet 2026 le report d’une rencontre bilatérale prévue en août avec l’Afrique du Sud. Ce report intervient sur fond de violences xénophobes.
Un report pour ne pas parasiter le dialogue
La commission bi-nationale Ghana-Afrique du Sud devait réunir en août les présidents John Dramani Mahama et Cyril Ramaphosa. Selon le porte-parole ghanéen Felix Kwakye Ofosu, ce report vise à éviter que les violences récentes ne monopolisent les échanges. Un ressortissant ghanéen a été tué par balle le 30 juin dans le township de Khayelitsha, au Cap, lors de manifestations anti-immigration. De plus, le gouvernement sud-africain, par la voix de son porte-parole Vincent Magwenya, affirme rester ouvert à une nouvelle date « mutuellement convenable ».
Une xénophobie récurrente depuis 2008
L’Afrique du Sud connaît des vagues de violences xénophobes depuis mai 2008. Cette année-là, plus de 50 personnes avaient péri et 60 000 autres avaient été déplacées. Cette nouvelle flambée s’inscrit dans la continuité de ce schéma, nourrie par un chômage dépassant 30%. On observe aussi une défiance croissante envers l’État. De plus, plus de 2 700 étrangers ont déjà été rapatriés depuis fin juin, selon le ministre sud-africain de l’Intérieur. Par ailleurs, des ressortissants nigérians, malawites, zimbabwéens et mozambicains ont également été touchés par ces violences, selon les Nations unies.
Une réaction en cascade sur le continent
Le Kenya, le Malawi, le Lesotho et le Zimbabwe ont conseillé la prudence à leurs ressortissants présents en Afrique du Sud. Le président Ramaphosa a personnellement condamné ces violences. Néanmoins, il appelle à un contrôle renforcé de l’immigration irrégulière. Le chef de l’OMS, le Dr Tedros, a qualifié cette dérive de « trahison tragique » de l’héritage de liberté sud-africain. Il a rappelé le soutien continental apporté à Nelson Mandela dans sa lutte contre l’apartheid. Cette crise diplomatique illustre la fragilité persistante des solidarités panafricaines face aux tensions économiques internes.
La solidarité panafricaine peut-elle résister aux crises économiques internes de ses propres membres ?
Xolomo Tokpa

