Guinée : la coupe du bois interdite pour trois mois

Les tronçonneuses doivent se taire. Le ministère guinéen de l’Environnement a suspendu, à partir de ce mercredi 8 juillet 2026, toute activité de coupe et de transport de bois. Cette suspension est en vigueur jusqu’au 30 septembre.

Un « repos biologique » version forestière

La ministre Djami Diallo a annoncé la mesure ce mardi 7 juillet, dans un communiqué lu au journal télévisé de la RTG. Sont concernés les exploitants forestiers industriels et artisanaux, les transporteurs, les commerçants de bois et dérivés, ainsi que les collectivités riveraines des forêts. De plus, la suspension s’appuie sur le Code forestier de 2017. Elle vise, selon le ministère, à « préserver le capital forestier national » pendant la saison des pluies. Cette période est propice à la régénération naturelle des essences.

Une tradition annuelle bien rodée

Cette interdiction n’est pas une première. Le gouvernement guinéen impose ce repos biologique chaque année depuis plusieurs saisons. En général, cela a lieu sur la même période estivale. L’an dernier déjà, une mesure quasi identique avait suspendu la filière du 7 juillet au 30 septembre. D’ailleurs, ce type de moratoire saisonnier rappelle la politique de repos biologique appliquée par le ministère de la Pêche guinéen pour les espèces marines. En outre, il évoque aussi les fermetures périodiques de chasse pratiquées dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Par exemple, c’est le cas au Sénégal ou au Burkina Faso.

Une urgence écologique chiffrée

Selon Global Forest Watch, la Guinée a perdu environ 149 000 hectares de forêts naturelles entre 2001 et 2024. Cela représente une baisse de 6,7% par rapport à l’an 2000. Le couvert forestier national représentait encore 6,7 millions d’hectares en 2020, selon la FAO, soit 28% du territoire. De plus, les massifs du Fouta Djalon, de Ziama et du mont Nimba, classés parmi les hotspots mondiaux de biodiversité, restent particulièrement exposés à la déforestation, à l’agriculture itinérante et à l’exploitation minière. Enfin, le ministère prévient que tout contrevenant à cette interdiction s’expose à des sanctions administratives, civiles et pénales.

Un repos biologique répété chaque année suffit-il à enrayer durablement la déforestation guinéenne ?

Xolomo Tokpa

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