Cinquante-cinq jours d’angoisse s’achèvent enfin. Les élèves et enseignants enlevés dans l’État d’Oyo, au Nigeria, ont été libérés ce vendredi 10 juillet 2026 par les forces de sécurité.
Un enlèvement qui a choqué le pays
Tout a commencé le 15 mai dernier. Des hommes armés ont pris d’assaut trois établissements scolaires de la zone d’Orire, dans l’État d’Oyo. Au moins 39 élèves et six enseignants ont été enlevés ce jour-là. Le porte-parole de la présidence, Bayo Onanuga, a confirmé leur libération sur les réseaux sociaux. « Tous les élèves et enseignants enlevés à Orire ont été secourus par nos services de sécurité », a-t-il écrit. Les autorités n’ont pas détaillé les circonstances précises de l’opération de sauvetage.
Boko Haram étend son territoire vers le sud
Le ministre de la Défense, Christopher Musa, a attribué ce rapt à des combattants dissidents de Boko Haram. Ils auraient exigé la libération de commandants terroristes emprisonnés en échange des otages. Ce type d’attaque massive restait jusqu’ici rare dans le sud-ouest du pays. La région était longtemps considérée comme l’une des plus sûres du Nigeria. Le gouverneur Seyi Makinde a évoqué un changement de dynamique sécuritaire. Les offensives militaires menées dans le nord-ouest pousseraient désormais certains groupes armés vers le sud.
Un précédent qui pèse sur la mémoire collective
Le Nigeria porte depuis longtemps la cicatrice des enlèvements de masse en milieu scolaire. En 2014, le rapt de 276 lycéennes à Chibok avait choqué le monde entier. Plusieurs dizaines d’entre elles demeurent portées disparues, plus de dix ans après. En 2021, plus de 300 élèves avaient également été enlevés à Kankara, dans l’État de Katsina. Ces enlèvements à répétition ont façonné une véritable industrie de la rançon dans certaines régions du pays. Les familles se retrouvent souvent démunies face à des groupes armés mieux équipés que les forces locales.
Une victoire fragile pour la présidence Tinubu
Les otages avaient été détenus dans le parc national d’Old Oyo, une réserve forestière protégée. Ce même territoire est relié au parc de Kainji, où une franchise locale de Boko Haram se serait récemment repliée. Six suspects ont été arrêtés en lien avec l’attaque, selon le gouverneur Makinde. Des engins explosifs improvisés, posés par les ravisseurs, ont aussi blessé des membres des forces de sécurité pendant les recherches. Cette libération constitue un soulagement réel pour les familles, mais elle confirme surtout l’extension géographique d’une menace jusqu’ici circonscrite au nord du pays.
Le Nigeria peut-il empêcher Boko Haram de trouver de nouveaux sanctuaires vers le sud du pays ?
Xolomo Tokpa

