Un accueil de chef d’État, tambours battants. La présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah a été reçue à Pékin le vendredi 10 juillet 2026 par Xi Jinping, avec salves d’honneur et huit accords signés.
Une communauté d’avenir partagé proclamée
Les deux dirigeants ont annoncé conjointement l’élévation de leurs relations bilatérales. Elles deviennent une « communauté d’avenir partagé Chine-Namibie pour la nouvelle ère ». Nandi-Ndaitwah effectue depuis dimanche une visite d’État de sept jours en Chine. Elle est accompagnée d’une importante délégation d’hommes d’affaires namibiens. Fait notable, elle a choisi la Chine pour son tout premier déplacement hors d’Afrique depuis son investiture. Xi Jinping a salué ce choix comme un signe de l’importance accordée à cette relation par Windhoek.
Huit accords sur les minerais critiques
Pékin s’engage à approfondir sa coopération dans les infrastructures, l’énergie, les mines et l’agriculture namibiennes. Les deux pays ont notamment signé un accord de coopération sur les minerais verts. Un communiqué conjoint souligne la volonté commune de renforcer la coopération sur l’uranium, le lithium et les terres rares. Ces ressources sont jugées stratégiques dans la course mondiale à la transition énergétique. Les entreprises chinoises ont déjà investi 4,2 milliards de dollars en Namibie, l’essentiel dans le secteur minier, selon l’American Enterprise Institute.
Un pivot économique assumé par Windhoek
Arrivée au pouvoir en 2025, Nandi-Ndaitwah prolonge trente-quatre ans de gouvernance de la SWAPO, le parti qui a mené la Namibie à l’indépendance en 1990. Son élection intervenait pourtant dans un climat de frustration croissante face au chômage et aux inégalités persistantes. Dans son discours d’investiture, elle avait appelé à une « révolution verte » fondée sur l’agriculture et les ressources en eau du pays. Ce déplacement en Chine s’inscrit directement dans cette stratégie de diversification économique et de création d’emplois promise pendant sa campagne.
La Namibie, terrain de compétition entre puissances
La Namibie n’est pas seulement courtisée par Pékin. Ses réserves d’uranium et ses gisements offshore de pétrole attirent également des capitaux occidentaux et du Golfe. Cette rivalité d’influence rappelle celle observée en RDC ou en Zambie autour du cobalt et du cuivre. Le Fonds monétaire international a de son côté insisté sur la nécessité de réformes structurelles namibiennes. Il cite l’agriculture, la pêche, le gaz naturel et l’hydrogène vert comme leviers prioritaires pour créer des emplois durables, au-delà des seuls investissements miniers étrangers.
La Namibie peut-elle transformer ses minerais stratégiques en développement durable plutôt qu’en simple rente extractive ?
Xolomo Tokpa

