La Guinée s’apprête à dire un dernier adieu. La dépouille de Hadja Andrée Touré, ancienne Première dame et veuve d’Ahmed Sékou Touré, est attendue ce samedi 11 juillet 2026 à Conakry.
Un programme funéraire de deux jours
Selon un communiqué du Cabinet civil de la Présidence, la dépouille arrivera à 18 heures à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré. Les cérémonies se dérouleront samedi et dimanche, conformément aux instructions du président Mamadi Doumbouya. Le dimanche 12 juillet débutera par un symposium à 9 heures au Palais du Peuple. La prière mortuaire sera célébrée à 13h30 à la Grande Mosquée Fayçal de Conakry. L’inhumation est prévue à 14 heures au cimetière des Cases Bellevue, où reposent déjà plusieurs figures historiques du pays.
Une vie traversée par l’histoire nationale
Née Andrée Kourouma, Hadja Andrée Touré avait épousé Ahmed Sékou Touré avant l’indépendance de 1958. Elle fut Première dame durant tout le mandat de son époux, jusqu’à son décès en 1984. Après le coup d’État qui a suivi la mort de Sékou Touré, elle a connu plusieurs années de détention. Elle avait ensuite recouvré la liberté avant de revenir s’installer en Guinée. En 2023, elle avait publié ses mémoires, intitulées « Ma vie auprès d’Ahmed Sékou Touré », un témoignage rare sur les premières décennies de l’État guinéen indépendant.
Un deuil qui rassemble toute la classe politique
Le président Doumbouya a salué en elle « une part vivante de notre mémoire nationale ». Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu dès jeudi aux Cases Bellevue pour présenter les condoléances du gouvernement. Le ministre de l’Administration du territoire, Ibrahima Kalil Condé, a lui aussi participé aux hommages officiels. Ce deuil rassemble des sensibilités politiques parfois opposées, unies pour saluer une figure jugée au-dessus des clivages partisans. Un hommage similaire avait été rendu à la mort de Lansana Conté, autre ancien chef d’État guinéen.
Le symbole d’une génération qui s’efface
La disparition de Hadja Andrée Touré marque la fin d’un chapitre vivant de l’histoire guinéenne. Elle était l’une des dernières témoins directs des années fondatrices de l’indépendance. Sa génération, celle qui a arraché la souveraineté à la France en 1958, s’efface progressivement. Ce grand rassemblement funéraire national permet aussi à la Guinée contemporaine de se relier symboliquement à ce récit fondateur. Pour beaucoup de Guinéens, cet hommage dépasse la seule figure de l’ancienne Première dame et interroge la transmission de cette mémoire aux générations futures.
Comment la Guinée transmettra-t-elle la mémoire de ses pionniers une fois leurs derniers témoins disparus ?
Xolomo Tokpa

