Ce jeudi 9 juillet 2026 marque deux ans après la disparition d’Oumar Sylla alias Fonikè Menguè, Coordinateur du FNDC. Son responsable des antennes, Mamadou Billo Bah, avait été enlevé le même jour dans des circonstances similaires. Une plainte Fonikè Menguè Billo Bah a été déposée suite à ces événements pour dénoncer ces enlèvements.
À Paris, les épouses de ces activistes emblématiques ont décidé de relancer la procédure devant la justice française. Cette nouvelle démarche s’appuie sur un élément juridique majeur susceptible de faire évoluer le dossier au niveau international.
Une nouvelle plainte avec constitution de partie civile
À travers un communiqué rendu public ce jeudi 9 juillet 2026, leurs avocats ont officialisé cette démarche judiciaire. Le cabinet Bourdon & Associés annonce le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile devant le tribunal judiciaire.
Cette plainte a été déposée auprès du Doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris. La démarche vise à obtenir la désignation d’un juge d’instruction chargé de conduire des investigations complètes.
L’ouverture d’une information judiciaire indépendante et impartiale constitue l’objectif principal de cette procédure judiciaire française. Cette étape vise à faire toute la lumière sur cette affaire particulièrement sensible pour le paysage politique guinéen.
Un premier classement sans suite le 12 août 2024
Cette nouvelle plainte fait suite à une première procédure engagée le 22 juillet 2024 devant le parquet parisien. La plainte initiale visait le colonel Mamadi Doumbouya et toute personne ayant participé à la commission des faits.
Par une décision du 12 août 2024, le parquet de Paris avait procédé au classement sans suite de cette première plainte. Le parquet estimait à l’époque que les juridictions françaises n’étaient pas compétentes pour connaître de ces faits.
Ce premier classement constituait un obstacle juridique majeur au traitement de cette affaire par la justice française. Les plaignantes n’avaient toutefois jamais renoncé à obtenir une enquête indépendante sur cette disparition présumée.
La nationalité française de Mamadi Doumbouya invoquée
Les plaignantes ont depuis réuni de nouveaux éléments établissant que le colonel Mamadi Doumbouya possède la nationalité française. Cette circonstance nouvelle est présentée comme déterminante au regard des règles de compétence de la justice pénale française.
Ce nouvel élément juridique fait ainsi disparaître l’obstacle procédural précédemment opposé par le parquet parisien. Les avocats estiment que rien ne s’oppose désormais à l’ouverture d’une information judiciaire complète en France.
Cette évolution juridique constitue un tournant potentiel dans le traitement de cette affaire au niveau international. La double nationalité du chef de l’État guinéen fonde ainsi une nouvelle compétence extraterritoriale de la justice française.
Une justice guinéenne jugée insuffisante
Dans le communiqué, les avocats dénoncent également l’absence de progrès dans les investigations menées en Guinée. Deux ans après les faits, les autorités guinéennes n’ont apporté aucune réponse sur le sort des deux activistes.
Les familles des disparus restent toujours sans nouvelles selon les termes précis du communiqué diffusé par le cabinet. Les avocats considèrent que les institutions judiciaires guinéennes sont largement perçues comme dépourvues de l’indépendance nécessaire.
Les plaignantes demandent à la justice française d’entendre toute personne susceptible d’éclairer les faits. Le président Mamadi Doumbouya lui-même est expressément cité parmi les personnes dont l’audition est sollicitée.
Facinet Soumah

