Le vacarme a réveillé tout un quartier en pleine nuit. Un immeuble de neuf étages s’est effondré à Conakry, dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet 2026, aux environs de 3 heures du matin.
Un écroulement en pleine zone résidentielle
Le drame s’est produit à Démoudoula, dans le secteur Diallo Samba de la commune de Ratoma. Le bâtiment en construction, de type R+9, s’est écroulé sur un autre immeuble de deux étages ainsi que sur une villa voisine. Le ministre de l’Habitat, Mohamed Lamine Sy Savané, a confirmé un bilan provisoire de trois morts, dont une femme. Un nombre important de personnes a pu être évacué du bâtiment en construction avant l’effondrement complet. Les opérations de recherche se poursuivaient encore pour retrouver d’éventuelles victimes supplémentaires sous les décombres. Ce nouvel accident intervient dans une semaine déjà marquée par plusieurs drames similaires à Conakry, entre inondations meurtrières et incendies domestiques.
Un chantier non autorisé, révèle le ministre
La révélation la plus lourde de conséquences vient directement du gouvernement. Le ministre de l’Habitat a affirmé que cet immeuble « n’avait, techniquement, pas été autorisé conformément à la réglementation en vigueur ». Il a annoncé un renforcement des contrôles dans l’ensemble des treize communes de Conakry. Un premier communiqué a déjà été publié concernant les communes de Kaloum, Dixinn et Matam, où les vérifications sont presque achevées. Le président Mamadi Doumbouya a, par la voix de son ministre, rendu hommage aux victimes de ce drame.
Une accumulation de drames en quelques jours
La capitale guinéenne traverse une période noire depuis le début du mois de juillet. Un enfant de six ans, Abdoulaye Bah, avait été emporté par les eaux de ruissellement le 15 juillet à Simbaya École, dans la commune de Lambanyi. Quatre personnes étaient mortes dans un incendie survenu la nuit du 13 au 14 juillet, dans ce même quartier de Simbaya École, en commune de Matoto. Une fillette de 7 ans, Aïssatou Camara, avait elle aussi péri noyée le 15 juillet à Tanènè Mosquée, à Gbessia. Cette accumulation de drames urbains interroge sur la vulnérabilité structurelle de plusieurs quartiers de Conakry.
Un mal déjà connu à Conakry
Les effondrements de bâtiments en construction ne sont pas rares dans la capitale guinéenne. Le 12 juillet déjà, un immeuble s’était effondré à Simbaya 2, faisant cinq morts selon un communiqué gouvernemental. Les autorités avaient alors évoqué la rupture d’une dalle sous le poids des matériaux de construction. Un précédent comparable existe aussi au Sénégal, où plusieurs immeubles se sont effondrés ces dernières années à Dakar. Ces accidents répétés pointent un défaut chronique de contrôle des chantiers dans les grandes villes ouest-africaines en pleine expansion urbaine.
Une capitale sous tension permanente
Cette série d’incidents survient alors que la Guinée traverse une période institutionnelle chargée, avec l’installation de la nouvelle Assemblée nationale prévue ce même vendredi 17 juillet. Les autorités locales devront désormais gérer simultanément secours d’urgence et poursuite de l’agenda politique national. Les riverains de Démoudoula, comme ceux de plusieurs quartiers touchés cette semaine, réclament des mesures concrètes de prévention. Reste à savoir si cette accumulation de drames urbains poussera enfin les autorités à renforcer durablement les contrôles sur les constructions et l’urbanisme de la capitale.
Combien de drames urbains faudra-t-il encore avant que Conakry n’impose un contrôle réel sur ses constructions ?
Xolomo Tokpa

