Le ciel guinéen menace de s’abattre sur les quartiers. L’Agence nationale de la météorologie a déclenché, ce mardi 14 juillet 2026, une alerte maximale pour de fortes pluies attendues les 15 et 16 juillet.
Un épisode orageux sur tout le pays
Selon le bulletin de l’ANM, les premières perturbations pourraient débuter dès 22 heures ce mardi. De fortes averses orageuses, accompagnées de vents violents, doivent traverser le territoire national. Le phénomène partira de la façade maritime de Basse Guinée jusqu’au sud-est du pays. La Guinée forestière est particulièrement exposée, avec les préfectures de Guéckédou, Yomou, Macenta, Kissidougou, Mamou et Lola en alerte. Un risque élevé de coulées de boue et d’éboulements pèse sur l’axe routier Conakry-Mamou, déjà fragilisé par les pluies précédentes.
Un scénario qui rappelle un drame encore frais
Ce type d’épisode réveille de mauvais souvenirs. Dans la nuit du 30 au 31 juillet 2025, Conakry avait déjà été frappée par des inondations meurtrières. Le bilan provisoire de l’époque faisait état de 15 morts et 3 disparus, selon l’Agence nationale de gestion des urgences. Plus de 35 000 personnes avaient été affectées à travers le pays, notamment à Conakry et Coyah. Les communes de Matoto, Ratoma, Lambanyi, Sonfonia et Tombolia avaient été les plus durement touchées. Un mois plus tard, un glissement de terrain à Manéah avait encore coûté des vies supplémentaires.
Une urbanisation qui aggrave chaque saison des pluies
Les autorités locales pointent régulièrement la pression immobilière comme facteur aggravant. Des constructions s’élèvent parfois directement sur des ouvrages d’assainissement ou près des bassins d’évacuation. Les caniveaux bouchés par les ordures empêchent l’écoulement normal des eaux de pluie. Ce phénomène n’est pas propre à la Guinée. Freetown, en Sierra Leone voisine, avait connu un drame comparable en 2017, avec plus de mille morts dans des glissements de terrain similaires. La comparaison illustre une vulnérabilité partagée par plusieurs capitales ouest-africaines mal préparées face aux pluies extrêmes.
Des consignes de prudence, une prévention encore fragile
L’ANM invite les citoyens à rester attentifs à l’évolution météorologique et à suivre les consignes des services compétents. Après le drame de Manéah en 2025, le président Mamadi Doumbouya avait pourtant appelé à préserver les vies humaines à chaque saison des pluies. Des opérations de déguerpissement avaient suivi dans plusieurs zones à risque de Conakry. Un atelier national pour l’élaboration d’un Plan de réponse aux inondations avait également été lancé fin août 2025. Reste à savoir si ces mesures suffiront à éviter un nouveau bilan tragique dans les prochaines quarante-huit heures.
La Guinée a-t-elle enfin tiré les leçons du drame de 2025, ou l’histoire va-t-elle se répéter cette semaine ?
Xolomo Tokpa

