Une première historique pour le continent, déjà ternie par la polémique. La Coupe du monde masculine de cricket 2027 sera coorganisée par l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et la Namibie, mais son nouveau format fait l’unanimité contre lui.
Un format à trois étages contesté
L’International Cricket Council a dévoilé, mercredi, une structure inédite en trois phases. Les trois équipes qualifiées les moins bien classées disputeront d’abord une « Super Series » éliminatoire. Une seule d’entre elles rejoindra ensuite les douze équipes restantes, réparties en deux groupes de six. Les meilleures formations accéderont enfin à un « Super 7 », dont les quatre premières se qualifieront pour les demi-finales. L’ICC justifie ce dispositif par la volonté de renforcer « le contexte et l’enjeu » dès les premiers matchs du tournoi.
L’association des joueurs monte au créneau
La Fédération internationale des associations de cricketers professionnels a exprimé, ce vendredi 17 juillet, une inquiétude profonde. Elle dénonce un manque de transparence et de consultation des parties prenantes. Selon l’organisation, ce changement dilue fondamentalement les opportunités initialement promises aux nations émergentes. Ces équipes avaient pourtant planifié leurs investissements et leur parcours de qualification autour du format initial à deux groupes de sept. La FICA estime que ce nouveau modèle prive certains pays qualifiés d’une véritable campagne mondiale face aux nations établies.
Un tournoi historique pour l’Afrique
Cette édition 2027 sera la première Coupe du monde de cricket organisée en Afrique depuis 2003. L’Afrique du Sud et le Zimbabwe, seuls membres à part entière du continent au sein de l’ICC, se qualifient automatiquement. La Namibie, elle, doit encore passer par le processus de qualification classique. Le tournoi se déroulera du 4 octobre au 21 novembre 2027, avec 54 matchs au total. L’Afrique du Sud accueillera l’essentiel des rencontres, entre 41 et 44 matchs selon les estimations, contre huit à dix pour le Zimbabwe et trois pour la Namibie.
Un dilemme entre suspense et équité
L’ICC affirme vouloir éviter les matchs sans enjeu dès la phase de groupes, un problème récurrent lors des éditions précédentes. Mais les critiques estiment que ce nouveau format sacrifie l’équité au profit du seul spectacle télévisuel. Les nations les moins bien classées, souvent celles qui bénéficieraient le plus d’une exposition prolongée face aux grandes équipes, se retrouvent reléguées à une phase préliminaire couperet. Ce débat rappelle les tensions déjà observées lors de l’expansion du football à 48 équipes en 2026, où quantité de qualifiés et qualité sportive ne progressent pas toujours au même rythme.
L’Afrique australe peut-elle organiser une Coupe du monde historique tout en défendant l’équité sportive pour les petites nations ?
Xolomo Tokpa

