Comores : six médinas au patrimoine mondial de l’UNESCO

Huit siècles d’histoire enfin reconnus par le monde entier. Six médinas séculaires des Comores ont été inscrites, ce samedi 25 juillet 2026, au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il s’agit d’une première pour l’archipel.

Une décision prise à Busan

Cette inscription a été adoptée à Busan, en Corée du Sud, lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. Une importante délégation gouvernementale comorienne, comprenant les gouverneurs des îles autonomes, a fait le déplacement pour assister à cette session. En outre, le président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, y assistait personnellement. Cette reconnaissance couronne plus de deux décennies de travail, de recherches et de mobilisation. Le dossier de candidature figurait sur la liste indicative de l’UNESCO depuis 2007. Ensuite, il a été officiellement déposé par le président comorien à Paris en février 2025.

Des cités-États nées au XIIe siècle

Les six médinas retenues comptent quatre sites sur l’île de Grande Comore et deux sur celle d’Anjouan. Certaines de ces cités-États ont été construites dès le XIIe siècle. Elles sont situées le long des routes commerciales de l’océan Indien. Ces sites comprennent des murailles de défense, des palais, des mosquées et des places publiques. Tous ces éléments sont intégrés dans un réseau de ruelles étroites. La médina de Moroni, datée du XIVe siècle, abrite la célèbre Mosquée du Vendredi et son minaret vert. Celle-ci fait face à l’ancien port de boutres. La médina d’Iconi, plus au sud et datée du XIIe siècle, abrite le tombeau du prince Saïd Ibrahim. Celui-ci était le fils du dernier sultan de Grande Comore.

« Un point de départ », selon le ministre

« Ce classement n’est pas une ligne d’arrivée mais un point de départ », a réagi le ministre comorien de la Culture, Saïd Mohamed Ali Saïd. Il souligne que ces médinas ne sont pas de simples sites historiques figés, mais des « villes vivantes », où l’on continue de prier, de commercer et de célébrer les grands moments de la vie comme le faisaient les aïeux. Toutefois, il reconnaît la fragilité de ce patrimoine, par endroits en réel danger de dégradation. Le classement UNESCO doit désormais imposer de nouvelles obligations de préservation. Parallèlement, il ouvre des perspectives de valorisation touristique et de coopération internationale.

Une première historique pour l’archipel

Ces six médinas deviennent les tout premiers sites comoriens à rejoindre la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette liste compte désormais plus de 1 200 biens culturels et naturels à travers le monde. L’archipel des Comores, peuplé d’environ 870 000 habitants et situé à environ 300 kilomètres des côtes africaines, fut pendant des siècles un carrefour majeur des routes commerciales maritimes de l’océan Indien. Enfin, cette reconnaissance intervient dans un contexte politique intérieur agité, marqué cette même semaine par une polémique gouvernementale autour du fils du président. Par conséquent, elle offre un motif de fierté nationale bienvenu pour Moroni.

Cette reconnaissance internationale suffira-t-elle à sauver un patrimoine architectural comorien encore fragile ?

Xolomo Tokpa

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