Un tournant politique majeur à Dakar. La coalition « Diomaye Président » s’est officiellement transformée en parti politique, ce samedi 25 juillet 2026. Cela a eu lieu lors d’une assemblée générale constitutive au King Fahd Palace.
Faye à la tête de sa propre formation
L’assemblée générale constitutive a débuté à 15 heures sur l’esplanade du King Fahd Palace, à Dakar. Cette cérémonie devait officialiser la naissance de la nouvelle formation et installer ses premières instances dirigeantes. De plus, selon plusieurs sources concordantes, le président Bassirou Diomaye Faye devrait lui-même en prendre la présidence. Ce choix marque une bascule symbolique. D’ancien président d’honneur de la coalition ayant porté sa candidature en 2024, le chef de l’État devient désormais chef de parti à part entière. Il reste pourtant à ce jour officiellement membre du Pastef.
Une fin annoncée du double engagement
La coordonnatrice de la coalition, Aminata Touré, avait posé un ultimatum clair lors d’une réunion préparatoire. « Tous ceux qui sont dans la coalition Diomaye Président seront membres du nouveau parti », a-t-elle déclaré, refusant tout double appartenance simultanée. Cette clarification intervient dans un contexte de départs remarqués, à la fois au sein du Pastef. C’est le parti du Premier ministre Ousmane Sonko. On l’observe aussi au sein de l’Alliance pour la République, ancien parti de Macky Sall. Trois ministres, Déthié Fall, Moustapha Guirassy et Cheikh Tidiane Dièye, font face à un choix politique délicat entre leurs formations d’origine et cette nouvelle structure présidentielle.
Un congrès repoussé, une stratégie prudente
Le grand congrès de la nouvelle formation, initialement prévu le 8 août au Dakar Arena, a finalement été reporté à une date ultérieure non précisée. Cette décision traduit une volonté de sécuriser d’abord les fondations institutionnelles du parti avant son lancement grand public. En outre, les textes fondateurs, incluant une note stratégique sur la vision politique et un projet de statuts, avaient été adoptés à l’unanimité par le Conseil des leaders, sous réserve d’amendements. L’objectif affiché est de créer un « parti de masse » capable de soutenir le projet de transformation systémique porté par le président.
Une recomposition qui redessine la majorité
Cette naissance partisane intervient alors que Faye occupe simultanément la présidence en exercice de la CEDEAO depuis le 19 juillet. Elle traduit une volonté de structurer durablement l’appareil politique présidentiel, au-delà du seul Pastef qui l’avait porté au pouvoir en 2024. Par ailleurs, cette dynamique rappelle des précédents similaires observés ailleurs en Afrique de l’Ouest. Dans ces pays, des présidents élus sur une coalition élargie finissent par se doter d’un parti propre, distinct de leur formation d’origine. Reste à savoir si cette recomposition renforcera ou fragilisera la cohésion de la majorité présidentielle sénégalaise à moyen terme.
Ce nouveau parti présidentiel renforcera-t-il Bassirou Diomaye Faye, ou fragilisera-t-il l’unité de sa majorité ?
Xolomo Tokpa

