Mali : Kassoum Goïta condamné à 15 ans de prison

Cinq ans après les faits présumés, la sentence est tombée. Kassoum Goïta condamné à 15 ans. La Cour d’assises de Bamako a condamné, ce vendredi 24 juillet 2026, l’ex-patron de la Sécurité d’État à quinze ans de réclusion criminelle.

Un procès de dix jours, six accusés

Le colonel-major Kassoum Goïta, ancien directeur général de la Sécurité d’État, a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs et de complot contre le gouvernement. Trois de ses coaccusés, Sandi Ahmed Saloum, Abdoulaye Ballo et le féticheur Issa Samaké, écopent de la même peine de quinze ans. De plus, le Dr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence, et le commissaire Moustapha Diakité ont été condamnés à sept ans de prison. Par ailleurs, le procureur avait requis vingt ans de réclusion contre les principaux accusés. En outre, tous les condamnés doivent en outre verser un franc symbolique à titre de réparation.

« Un déni de justice », selon la défense

Les six accusés ont nié en bloc les faits qui leur étaient reprochés durant l’intégralité des débats. Kassoum Goïta a ouvertement accusé la junte au pouvoir de corruption pendant son procès. Par ailleurs, un proche des condamnés a qualifié le verdict de « déni de justice » auprès de l’AFP. Les avocats de la défense ont annoncé leur intention d’épuiser toutes les voies de recours nationales. Ensuite, ils saisiront d’autres instances. De plus, les accusations de détournements de fonds publics portées par Kassoum Goïta contre les militaires au pouvoir n’ont, quant à elles, fait l’objet d’aucune mention. Elles n’ont fait l’objet d’aucune investigation durant le procès.

Une purge née des soubresauts de 2021

L’affaire trouve son origine dans le renversement du président de transition Bah N’Daw, en mai 2021, par le colonel Assimi Goïta. Une « purge » avait suivi ce second coup de force, au cours de laquelle Kassoum Goïta et plusieurs autres responsables avaient été arrêtés. Certains des condamnés ont passé plus de quatre ans en détention préventive avant ce verdict. En outre, le Collectif des avocats des accusés avait déjà déploré, durant l’instruction, une « séquestration prolongée » et des actes de torture infligés à leurs clients. Cependant, ces accusations n’ont jamais été formellement instruites par la justice malienne.

Un précédent qui se répète au Mali

Ce jugement s’ajoute à une liste déjà longue de procédures similaires engagées depuis le début de la Transition malienne. D’autre part, un autre dossier, ouvert en décembre 2025, avait déjà renvoyé quatorze prévenus devant la justice pour des faits comparables de déstabilisation. Ainsi, cette accumulation de procès pour complot interroge sur l’indépendance réelle de la justice malienne face au pouvoir militaire. De plus, ce verdict de vendredi confirme, pour l’heure, la sévérité systématique des juridictions maliennes envers les personnalités soupçonnées de menacer les nouvelles autorités de transition. Cela survient cinq ans après leur arrivée au pouvoir.

Une justice qui prononce quinze ans de prison sans instruire les accusations de corruption formulées en retour peut-elle se dire impartiale ?

Xolomo Tokpa

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