RDC : l’échange de prisonniers avec l’AFC/M23 bloqué

Une promesse de paix reste lettre morte. Trois mois après un engagement pris à Montreux, aucun échange de détenus n’a eu lieu entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23. La question du dossier RDC échange prisonniers AFC-M23 demeure ainsi sans avancée concrète.

477 personnes toujours en attente

L’accord avait été scellé le 17 avril dernier en Suisse, dans le cadre des mesures de confiance du processus de Doha. Il prévoyait la libération de 311 personnes réclamées par l’AFC/M23. En retour, 166 détenus liés au gouvernement devaient eux aussi être relâchés. Le Comité international de la Croix-Rouge devait superviser l’ensemble de l’opération. Trois mois plus tard, ce jeudi 16 juillet 2026, le processus reste totalement au point mort, selon Radio Okapi. Les difficultés à identifier les centres de détention freinent la mise en œuvre concrète de l’accord.

Des listes de prisonniers, un exercice miné

La validation des listes de détenus s’avère hautement sensible pour les deux parties. Kinshasa refuse catégoriquement d’y inclure des personnes soupçonnées de crimes de guerre. L’AFC/M23 exige de son côté la libération immédiate de tous ses partisans, sans exception. La rébellion affirme qu’environ 700 de ses membres restent détenus par les autorités congolaises. Ce mécanisme d’échange avait pourtant déjà été signé une première fois le 12 septembre 2025, avant d’être suspendu pour les mêmes raisons de désaccord sur les listes.

Un ultimatum américain expiré sans effet

Ce blocage survient alors qu’un autre délai vient également d’expirer. Washington avait fixé la mi-juillet comme échéance pour le retrait des troupes rwandaises de l’est congolais. Ce mercredi 15 juillet, cette échéance s’est éteinte sans le moindre début de retrait. La société civile de Masisi dénonce un « constat d’échec » et réclame désormais des sanctions concrètes. Un rapport d’experts de l’ONU avait déjà noté, début juillet, que les précédents retraits annoncés ne s’étaient traduits que par des « repositionnements tactiques » de 15 à 20 kilomètres.

Une diplomatie à plusieurs étages, peu de résultats

Trois processus parallèles cherchent aujourd’hui à ramener la paix dans l’est de la RDC. L’accord de Washington, signé en 2025, encadre les engagements entre Kinshasa et Kigali. Le processus de Doha, lui, négocie directement avec l’AFC/M23 sous médiation qatarie. L’accord de paix global doit théoriquement être finalisé avant le 8 août. Reste que ni le retrait rwandais, ni la neutralisation des FDLR par la RDC, ni l’échange de prisonniers n’ont pour l’instant été honorés par aucune des parties.

Combien d’accords signés faudra-t-il encore avant qu’un seul engagement ne soit réellement tenu dans l’est congolais ?

Xolomo Tokpa

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