Guinée : une fillette emportée par les eaux à Conakry (53)

La crainte redoutée est devenue réalité. Ce fait divers tragique survenu en Guinée, où une fillette a été retrouvée noyée à Conakry, met en lumière une fois de plus les dangers liés aux fortes pluies. Aïssatou Camara, 7 ans, est morte noyée ce mercredi 15 juillet 2026 à Conakry, emportée par les eaux de ruissellement, confirmant l’alerte météo de la veille.

Une nuit qui a basculé en drame

Le drame s’est produit à Tanènè Mosquée, dans la commune urbaine de Gbessia. La fillette se trouvait avec sa mère, M’mah Sylla, lorsque les eaux ont envahi leur logement. Selon le récit de la mère, recueilli par Guinéenews, elle avait demandé à sa fille de venir se coucher à ses côtés. L’enfant avait refusé, restant à sa place, avant d’être emportée par la montée des eaux. « C’est l’eau qui a emporté mon enfant », a-t-elle témoigné, encore sous le choc. Cette tragédie confirme les craintes exprimées par l’Agence nationale de la météorologie dès le 14 juillet.

Des routes coupées à travers la capitale

Les fortes pluies ont touché plusieurs communes de Conakry dès la journée du 15 juillet. Sur l’axe Sonfonia-Lambanyi, notamment à Fossidet, Kobaya et Sonfonia Lac, la circulation est devenue extrêmement difficile. À Gbessia Cité de l’Air, Yimbaya et Matoto, les eaux ont également envahi une partie des chaussées. L’Agence de surveillance des routes a recommandé aux usagers d’éviter plusieurs axes jugés impraticables ou dangereux. Une quantité de pluie exceptionnelle est tombée sur la capitale en quelques heures, selon les services météorologiques.

Un bilan qui s’alourdit chaque saison

Ce drame rappelle celui de l’an dernier, quasiment jour pour jour. Dans la nuit du 30 au 31 juillet 2025, des inondations meurtrières avaient déjà frappé Conakry. Le bilan provisoire de l’époque faisait état de 15 morts et 3 disparus, pour plus de 35 000 personnes affectées. Un mois plus tard, un glissement de terrain à Manéah avait fait de nouvelles victimes. La récurrence de ces drames, année après année, interroge sur l’efficacité réelle des mesures prises depuis. Un atelier national pour un Plan de réponse aux inondations avait pourtant été lancé fin août 2025.

Une urbanisation qui multiplie les risques

Les autorités locales pointent régulièrement la pression immobilière comme cause aggravante de ces drames récurrents. Des constructions s’élèvent parfois directement sur des canaux d’évacuation des eaux pluviales. Les caniveaux obstrués par les déchets empêchent tout écoulement normal lors des fortes pluies. Le président Mamadi Doumbouya avait pourtant appelé, après le drame de Manéah, à préserver les vies humaines à chaque saison des pluies. La mort d’Aïssatou Camara rappelle brutalement que cette promesse reste, un an plus tard, encore loin d’être tenue sur le terrain.

Combien d’enfants la Guinée devra-t-elle encore perdre avant que l’urbanisation de Conakry ne soit enfin maîtrisée ?

Xolomo Tokpa

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