Procès du 28 septembre : le tribunal ordonne la comparution du général Aguibou Tall

La seconde phase du procès du massacre du 28 septembre 2009 se poursuit devant le tribunal de première instance de Dixinn. Dans ce contexte, le procès 28 septembre Aguibou Tall revêt une importance particulière pour de nombreuses parties prenantes. Les audiences ont été délocalisées à la Cour d’appel de Conakry pour des raisons logistiques. Lors de l’audience de ce mardi 5 mai 2026, une décision importante a été prise concernant la suite de la procédure.

La déposition du témoin Mamady Soumaoro se poursuit

L’audience de ce mardi a été marquée par la poursuite de la déposition de Mamady Soumaoro. Ce témoin clé avait été cité par le ministère public dans le cadre de l’instruction. Sa déposition devant la cour s’inscrit dans la stratégie d’éclaircissement des faits par l’accusation.

Le témoignage de Mamady Soumaoro vise à apporter des éléments factuels sur les événements du stade. Sa présence à la barre constitue une étape importante dans la recherche de la vérité. Les détails fournis par ce témoin pourraient influencer significativement l’appréciation du tribunal.

La défense réclame l’audition d’un haut gradé

À l’issue de cette audition, la défense a formulé une demande inattendue mais stratégique. Les avocats ont sollicité la comparution du général Aguibou Tall devant la cour. L’officier est actuellement le commandant de la gendarmerie régionale de Conakry.

Selon les conseils de la défense, cet officier pourrait apporter des éclaircissements déterminants. Plusieurs documents versés au dossier nécessitent en effet des explications complémentaires. Les avocats estiment que la présence du général s’impose pour éclairer certains aspects de l’instruction.

Des documents qui soulèvent des zones d’ombre

Les conseils de la défense ont étayé leur demande par des arguments précis. Plusieurs actes administratifs attribués au général Aguibou Tall soulèvent selon eux des zones d’ombre. Ces documents requièrent des explications de la part de leur auteur présumé.

La défense juge nécessaire que l’intéressé comparaisse pour expliquer l’origine et le contenu de ces pièces. Certains de ces documents ne seraient pas signés selon les vérifications effectuées. Cette absence de signature constitue un point particulièrement préoccupant pour les avocats.

« Des registres et documents sont attribués au général Aguibou Tall. Il est essentiel que nous puissions en débattre avec leur auteur présumé », a plaidé Maître Zézé Kalivogui. L’avocat de la défense a poursuivi son argumentation en insistant sur les ambiguïtés du dossier. « L’absence de signature et les éléments annexés entretiennent une confusion qui doit être levée », a-t-il ajouté.

Une opposition du ministère public

Face à cette requête, le ministère public a marqué sa désapprobation devant la cour. Le parquet a jugé la comparution du général non indispensable à la manifestation de la vérité. Cette position traduit une vision différente de la stratégie probatoire à adopter.

Malgré cette objection, la défense a maintenu fermement sa demande devant les juges. Les avocats ont insisté sur l’importance d’entendre directement le général Aguibou Tall. Ils ont évoqué des incohérences susceptibles d’influencer l’appréciation du tribunal sur les faits.

Cette divergence entre l’accusation et la défense illustre la complexité du dossier. Chaque partie défend sa propre interprétation des éléments à porter à la connaissance du tribunal. Le débat contradictoire trouve ainsi pleinement à s’exprimer dans cette procédure historique.

Le tribunal tranche en faveur de la défense

Après avoir écouté les arguments des différentes parties, le tribunal a rendu sa décision. La juridiction a finalement fait droit à la demande formulée par la défense. Cette décision marque un point important dans le déroulement du procès.

Le tribunal a ordonné la comparution du général Aguibou Tall pour les prochaines audiences. Cette décision contraint l’officier supérieur à venir s’expliquer devant la cour. Sa déposition pourrait apporter des éléments décisifs pour la suite de la procédure judiciaire.

L’affaire a été renvoyée au lundi 11 mai 2026 pour la suite des débats. Cette nouvelle audience devrait permettre d’entendre le général sur les documents litigieux du dossier. Les parties civiles et l’accusation préparent activement cette prochaine étape cruciale du procès.

Cette décision intervient dans un dossier qui continue de mobiliser l’attention nationale et internationale. Le massacre du 28 septembre 2009 reste l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente de la Guinée. La quête de vérité et de justice demeure un enjeu majeur pour les victimes et leurs familles.

Facinet Soumah

Dernières Infos
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici