CRIEF : Damantang Camara détaille son patrimoine devant les juges

L’ancien ministre du régime d’Alpha Condé a comparu ce mercredi 6 mai 2026 devant la justice. Albert Damantang Camara s’est présenté devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). L’ancien membre du gouvernement faisait face à de graves accusations de détournement de deniers publics.

Des accusations portant sur des centaines de milliards GNF

Le dossier examiné par la juridiction concerne des sommes considérables au cœur du procès. Albert Damantang Camara est poursuivi pour un détournement présumé de 222 milliards de francs guinéens. Cette somme aurait été détournée durant son passage à la tête du ministère de l’Enseignement technique.

À cela s’ajoutent 17,3 milliards de francs guinéens présumés détournés au ministère de la Sécurité. Ces montants ont été jugés non justifiés par l’Inspection générale d’État dans son rapport. Les conclusions de cette inspection constituent le fondement même du dossier devant la CRIEF.

L’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile cumule plusieurs casquettes politiques. Il avait également exercé les fonctions d’ex-porte-parole du gouvernement sous le régime d’Alpha Condé. Cette position centrale dans l’ancien pouvoir confère une dimension particulière à ce procès.

Deux comptes ouverts en France depuis 1991

À la barre, Albert Damantang Camara s’est attaché à exposer méthodiquement la situation de ses avoirs. L’ancien ministre a commencé par évoquer ses comptes bancaires détenus à l’étranger. « J’ai deux comptes en France, à la Banque Postale. Ils ont été ouverts en 1991 », a-t-il déclaré.

Le prévenu a tenu à préciser le contexte de l’utilisation de ces comptes français. « À mon retour en Guinée en 1999, ils présentaient des soldes modestes », a-t-il expliqué devant les juges. Le compte courant affichait alors environ 1 000 euros tandis que le compte épargne contenait 250 euros.

Damantang Camara a précisé que l’alimentation effective de ces comptes remonte aux années 2010-2011. Cette précision chronologique vise manifestement à expliquer l’évolution de son patrimoine financier. La transparence affichée par le prévenu sur ses comptes étrangers constitue un élément stratégique de sa défense.

Pas de logement personnel selon ses déclarations

Concernant son patrimoine immobilier, l’ex-ministre a livré une déclaration qui pourrait surprendre. Albert Damantang Camara affirme ne pas être propriétaire d’un logement personnel. « Je n’ai pas de maison. J’occupe un appartement appartenant à mon grand-père maternel », a-t-il précisé à la barre.

Cette déclaration interroge au regard des fonctions exercées par le prévenu durant plusieurs années. L’absence de patrimoine immobilier personnel constitue un élément central de la stratégie de défense. Cette information sera probablement vérifiée par les enquêteurs et l’Agent judiciaire de l’État.

L’ancien ministre reconnaît toutefois la détention de plusieurs biens fonciers à travers le pays. Il possède une parcelle à Maferinyah dans la région de Forécariah selon ses déclarations. Une autre parcelle se trouve à Kissidougou, acquise pour la somme de 18 millions de francs guinéens.

Albert Damantang Camara a également mentionné un terrain familial situé à Dubréka. Ces biens fonciers constituent l’essentiel de son patrimoine immobilier déclaré devant les juges. L’origine et le mode d’acquisition de ces terrains seront probablement examinés en détail.

La société SAGIO et un statut administratif particulier

L’ancien ministre a évoqué une société commerciale à laquelle il dit avoir été associé. « Il est possible que cette structure ait acquis quatre parcelles sans que j’en sois informé », a-t-il déclaré concernant la société SAGIO. Cette formulation évasive pourrait soulever des interrogations chez les magistrats.

Sur son statut administratif, Albert Damantang Camara a apporté une précision importante. « J’ai servi l’État en qualité de ministre, mais je ne relève pas du statut de fonctionnaire », a-t-il indiqué. Cette distinction juridique pourrait avoir des implications sur certains aspects de la procédure.

Cette clarification statutaire vise à délimiter précisément le cadre légal applicable à ses fonctions passées. Le statut de ministre diffère effectivement de celui de fonctionnaire en matière de droits et obligations. Cette nuance pourrait peser dans l’appréciation finale du tribunal sur certains chefs d’accusation.

Un patrimoine automobile détaillé

Concernant ses biens mobiliers, le prévenu a fourni des informations précises sur ses véhicules. Albert Damantang Camara se déclare propriétaire d’un véhicule de type Prado. Ce véhicule a été acquis par réforme pour un montant de 25 millions de francs guinéens.

L’ancien ministre a tenu à préciser disposer des justificatifs de cette acquisition. Cette transparence sur l’origine du véhicule s’inscrit dans sa stratégie globale de défense. La production de pièces probantes constitue un élément important pour étayer ses déclarations.

Le prévenu affirme par ailleurs avoir cédé un autre véhicule précédemment en sa possession. Il s’agit d’un Wrangler acquis pour plus de cent millions de francs guinéens. Cette cession devra probablement être documentée pour confirmer la véracité de cette information devant la cour.

Cette comparution de Damantang Camara constitue une étape importante dans le procès. Les explications fournies sur son patrimoine seront soigneusement analysées par les juges. La suite des débats devrait permettre d’approfondir l’examen des accusations portées contre l’ancien ministre.

Facinet Soumah

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