CRIEF : Kassory Fofana sera entendu à la clinique Pasteur le 11 mai 2026

La chambre des appels de la CRIEF a annoncé une décision importante ce jeudi 7 mai 2026. Une audience exceptionnelle sera consacrée à l’ex-Premier ministre Dr Ibrahima Kassory Fofana. Cette audition se tiendra directement dans l’établissement de santé où il est actuellement hospitalisé.

Une audience délocalisée à la clinique Pasteur

Selon la décision rendue par la Cour, l’audition du prévenu se déroulera dans des conditions inhabituelles. La séance aura lieu directement à la clinique Pasteur le lundi 11 mai prochain. Cette procédure rare témoigne de la complexité du dossier de l’ancien chef du gouvernement.

L’audience délocalisée se tiendra en présence de plusieurs acteurs essentiels du procès. Les magistrats chargés du dossier seront présents pour entendre le prévenu. Le ministère public, les avocats de la défense et les représentants de la partie civile assisteront également à cette séance.

Le médecin traitant de Dr Kassory Fofana sera également présent lors de cette audition exceptionnelle. Sa présence vise à garantir le bon déroulement de la procédure médicale et judiciaire. Cette précaution témoigne du souci d’équilibre entre les nécessités de justice et la santé du prévenu.

La reprise des débats fixée au 14 mai

La juridiction a également pris des dispositions pour la suite immédiate de la procédure. La reprise des débats principaux est fixée au jeudi 14 mai 2026 par la chambre des appels. Cette date marquera le retour du dossier devant la juridiction dans des conditions ordinaires.

La Cour a par ailleurs adressé des instructions précises à la clinique Pasteur. La direction générale de l’établissement doit prendre toutes les mesures nécessaires pour cette audience. L’objectif est d’assurer le bon déroulement de cette audition délocalisée dans des conditions optimales.

Ces dispositions logistiques témoignent de la préparation minutieuse de cette procédure exceptionnelle. La coordination entre les services judiciaires et médicaux constitue un défi particulier. La réussite de cette audition dépendra largement de cette organisation préalable.

Un cadre juridique précis pour cette procédure exceptionnelle

Pour justifier cette décision, la Cour s’est appuyée sur des fondements juridiques clairement identifiés. Les dispositions des articles préliminaires et 484 du Code de procédure pénale ont été invoquées. Ces textes encadrent les modalités d’organisation des audiences pénales en Guinée.

L’article 11 de l’ordonnance instituant la CRIEF complète ce dispositif juridique. Ce texte spécifique régit le fonctionnement de la juridiction spécialisée en matière économique. Sa mobilisation traduit l’attention portée par les magistrats au respect des procédures applicables.

Trois chefs d’accusation contre l’ancien Premier ministre

Dr Ibrahima Kassory Fofana est poursuivi pour des faits particulièrement graves devant la CRIEF. Les charges retenues contre lui couvrent un large spectre d’infractions économiques. Le détournement de deniers publics figure parmi les principales accusations.

L’enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux complètent la liste des chefs d’inculpation. Ces accusations couvrent l’ensemble des faits présumés durant son passage à la tête du gouvernement. L’ampleur des charges traduit la dimension exceptionnelle de ce dossier judiciaire.

En première instance, l’ancien Premier ministre avait été condamné à cinq ans de prison. La chambre de jugement de la CRIEF avait prononcé cette peine après avoir examiné le dossier. Dr Kassory Fofana avait ensuite décidé de faire appel du verdict prononcé contre lui.

Une demande du procureur spécial à l’origine de cette audience

La précédente audience dans cette affaire s’était tenue le 30 avril dernier devant la chambre des appels. C’est lors de cette séance qu’avait été formulée la demande à l’origine de la décision actuelle. Le procureur spécial avait sollicité l’organisation d’une audience foraine pour permettre l’audition.

Cette demande visait à entendre le prévenu depuis son lit d’hôpital en cas d’impossibilité de comparution. L’état de santé de l’ancien Premier ministre constituait l’obstacle principal à une audience classique. Cette procédure exceptionnelle permet de concilier les nécessités de justice et les contraintes médicales.

Le magistrat avait également avancé un autre argument important pour justifier sa demande. Cette initiative visait notamment à prévenir « toute forme de chantage » à l’encontre de l’État guinéen. Cette précaution traduisait la volonté d’éviter toute instrumentalisation de la situation médicale du prévenu.

Lors de cette audience du 30 avril, aucune partie ne s’était opposée à cette demande. Ni les avocats de la défense ni ceux de la partie civile n’avaient formulé d’objection. Ce consensus inhabituel a facilité la décision finalement rendue par la chambre des appels ce jeudi.

Facinet Soumah

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