Le dossier impliquant Dr Mohamed Diané continue de connaître de nouveaux développements judiciaires importants. Ce jeudi 7 mai 2026, la Chambre de jugement de la CRIEF a ordonné une série de mesures importantes. Ces décisions visent à approfondir les investigations dans cette affaire particulièrement complexe.
Une affaire aux ramifications multiples
L’ancien ministre de la Défense nationale fait face à de lourdes accusations devant la juridiction spécialisée. Les charges portent sur des présumés faits de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite. Le blanchiment de capitaux complète la liste des chefs d’inculpation retenus contre lui.
L’instruction nécessite désormais l’audition de plusieurs personnes susceptibles d’apporter des éclaircissements. La Cour a ainsi décidé d’élargir le cercle des personnes appelées à témoigner. Cette démarche traduit la volonté d’examiner l’ensemble des aspects de ce dossier sensible.
M’Mawa Diané au cœur des nouvelles investigations
Parmi les décisions les plus marquantes figure la convocation de M’Mawa Diané. Cette dernière est la fille de l’ex-ministre de la Défense nationale, ce qui ajoute une dimension familiale au procès. Les magistrats souhaitent l’entendre au sujet de plusieurs biens liés à son père.
Ces biens auraient été enregistrés au nom de la jeune femme selon les éléments du dossier. Cette pratique courante de mise au nom de proches fait l’objet d’une attention particulière de la justice. Les zones d’ombre concernant ces biens nécessitent des éclaircissements directs auprès de l’intéressée.
La juridiction entend également obtenir des informations sur un projet précis. La Cour souhaite éclaircir la participation de M’Mawa Diané à la modernisation de la ferme familiale. Cet établissement agro-pastoral est situé à Kankan, dans la région de la Haute-Guinée.
De hautes personnalités appelées à comparaître
Au cours de l’audience, la Cour a également ordonné la comparution d’autres personnalités importantes. Plusieurs responsables administratifs et personnalités économiques sont concernés par cette mesure. Cette extension témoigne de la profondeur des investigations menées par la juridiction.
Louncény Nabé figure parmi les personnes convoquées par la chambre de jugement. L’ancien gouverneur de la Banque centrale est lui-même actuellement poursuivi devant la CRIEF. Sa déposition pourrait éclairer certains aspects financiers du dossier Diané.
Mohamed Lamine Traoré devra également comparaître devant la juridiction. L’ancien directeur général chargé des affaires financières à la présidence est concerné. Il occupait ces fonctions sensibles sous le régime d’Alpha Condé, période visée par les enquêtes.
L’entrepreneur Sékou Kaké complète la liste des personnalités convoquées dans cette affaire. Sa présence dans cette procédure suggère des liens d’affaires à clarifier devant la Cour. Les détails de ces relations seront examinés lors des prochaines audiences.
L’administration foncière mise à contribution
La Cour n’a pas limité ses convocations aux personnalités politiques et économiques. Les responsables des services du cadastre ont également été invités à comparaître. Les conservateurs fonciers devront aussi se présenter devant la juridiction spécialisée.
Cette mobilisation de l’administration foncière vise à clarifier le statut de plusieurs biens. Les fonctionnaires concernés devront fournir des informations complémentaires sur des propriétés litigieuses. Cette démarche permettra de retracer l’historique des transactions immobilières incriminées.
Le passé parlementaire de Mohamed Diané sous examen
L’administration parlementaire est également mise à contribution dans cette procédure. La Cour a demandé la transmission de la situation financière de Dr Mohamed Diané. Cette enquête remonte à son mandat de député à l’Assemblée nationale.
L’ancien ministre avait siégé à l’Assemblée nationale entre 1995 et 2002. La période concernée par cette enquête couvre ainsi sept années de vie parlementaire. Les revenus perçus durant cette période feront l’objet d’un examen attentif des magistrats.
Le service chargé de l’immatriculation des véhicules a également été instruit. Il devra communiquer la liste de tous les engins enregistrés au nom de l’ancien ministre. Cette mesure vise à compléter le tableau patrimonial du prévenu.
Une procédure soutenue par le parquet spécial
Ces différentes mesures répondent à une requête formulée par le procureur spécial près la CRIEF. Alphonse Charles Wright a justifié cette démarche par l’objectif de manifestation de la vérité. La justice doit selon lui disposer de tous les éléments nécessaires pour trancher.
La partie civile a apporté son soutien à l’ensemble des demandes formulées par le parquet. L’Agent judiciaire de l’État représente cette partie civile dans la procédure. Cette convergence entre l’accusation et la partie civile renforce la position du ministère public.
Les protestations de la défense
La défense a en revanche manifesté son désaccord avec certaines mesures ordonnées. Les avocats estiment que plusieurs décisions ne sont pas justifiées par les nécessités de l’enquête. La convocation de la fille de l’ancien ministre cristallise particulièrement cette opposition.
Selon les conseils de la défense, M’Mawa Diané se trouverait actuellement hors du pays. Cette situation rendrait sa comparution particulièrement difficile dans les délais impartis. Cette objection logistique s’ajoute aux contestations de fond formulées par la défense.
Un appel à un jugement rapide
Les avocats ont également attiré l’attention de la Cour sur un point sensible. La durée de détention de leur client est désormais préoccupante selon eux. Dr Mohamed Diané est emprisonné à la Maison centrale depuis quatre ans.
Cette durée excède désormais une partie significative de la peine prononcée en première instance. La condamnation initiale était de cinq ans de prison ferme contre l’ancien ministre. Les avocats ont plaidé pour un traitement accéléré du dossier devant la chambre des appels.
Les conseils de l’ancien ministre ont formulé une demande précise concernant les délais. Ils sollicitent que le procès soit bouclé dans un délai raisonnable de trois mois maximum. Cette requête vise à mettre fin à une situation qu’ils jugent préjudiciable à leur client.
À l’issue des débats, l’affaire a été renvoyée au 21 mai 2026 par la chambre de jugement. Cette nouvelle audience permettra l’exécution des mesures ordonnées et la poursuite des débats. Le dossier Mohamed Diané s’enrichit ainsi de nouvelles dimensions à examiner.
Facinet Soumah

