Le ballon rond réussit là où la diplomatie régionale échoue. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont vu leur déclaration d’intérêt pour l’organisation de la CAN 2032 officiellement validée, ce mardi 21 juillet 2026.
Une étape validée à New York
La Confédération africaine de football a confirmé cette validation, conformément à l’article 7.3 de son règlement des candidatures. Cette décision fait suite à une réunion de travail tenue le samedi 18 juillet à New York. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, y a rencontré les présidents des trois fédérations concernées. Le colonel Oumarou Sawadogo représentait le Burkina Faso, Mahazou Cisset le Mali, et Issaka Adamou le Niger. Motsepe a salué une initiative fondée sur « une vision de coopération régionale », tout en encourageant les trois fédérations à poursuivre leurs efforts. Par ailleurs, il souhaite le respect des procédures fixées par la CAF.
Une candidature commune, une première pour l’AES
Ce trio devient ainsi le premier candidat officiellement déclaré pour l’organisation de l’édition continentale prévue dans six ans. Les trois pays appartiennent à l’Alliance des États du Sahel, bloc politique et militaire constitué après leur rupture avec la CEDEAO. Le Sénégal, autre candidat pressenti, n’a pas encore formalisé sa propre déclaration d’intérêt. Cette candidature conjointe intervient alors que les trois pays de l’AES ont officiellement quitté l’organisation régionale ouest-africaine en janvier 2025. En effet, ils invoquent des sanctions jugées disproportionnées après leurs coups d’État respectifs.
Un paradoxe assumé entre sport et diplomatie
Ce paradoxe n’échappe à aucun observateur du football continental. Alors que Ouagadougou, Bamako et Niamey ont rompu leurs liens institutionnels avec la CEDEAO, ils continuent de coopérer pleinement avec la CAF. Il s’agit d’une autre organisation panafricaine majeure. Ce découplage entre sport et diplomatie régionale illustre la spécificité du football comme vecteur de coopération. Ainsi, il est capable de transcender des ruptures politiques par ailleurs profondes. Un précédent comparable existe avec la Russie, exclue de la plupart des compétitions sportives internationales depuis 2022. Pourtant, elle conserve des coopérations sportives bilatérales ponctuelles avec certains pays africains.
Un défi logistique et sécuritaire de taille
Organiser une CAN suppose des infrastructures sportives et hôtelières considérables, ainsi qu’une sécurité irréprochable. Les trois pays de l’AES font pourtant face à une insurrection jihadiste active depuis plus d’une décennie. En effet, des attaques sont encore recensées les 17 et 18 juillet au Niger et au Mali. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a condamné ces attaques dans un communiqué séparé. Ce contexte sécuritaire tendu constituera l’un des principaux obstacles à surmonter avant toute attribution définitive des droits d’organisation par la CAF.
Trois pays en guerre contre le jihadisme peuvent-ils réellement organiser une Coupe d’Afrique des nations d’ici 2032 ?
Xolomo Tokpa

