L’Afrique du Sud a rapatrié 2 745 étrangers en une seule semaine. Le ministre de l’Intérieur Leon Schreiber a fait cette annonce le 14 juin. Elle marque un tournant dans la politique migratoire de Pretoria. Des groupes anti-migrants exigent le départ de tous les étrangers illégaux d’ici le 30 juin. Cette actualité relance le débat autour des expulsions d’immigrés d’Afrique du Sud 2026.
La semaine qui a tout accéléré
Le 7 juin, le président Cyril Ramaphosa reconnaît les préoccupations liées à l’immigration illégale. Il promet de durcir la politique migratoire. Les expulsions s’accélèrent immédiatement. En sept jours, 2 745 personnes quittent le territoire. Le ministre Schreiber qualifie ces flux de « cible mouvante ». Depuis janvier 2026, plus de 40 000 sans-papiers ont été arrêtés. Le seul mois écoulé en compte 7 400. L’appareil d’État est passé à l’offensive réglementaire.
Malawiens, Nigérians, Zimbabwéens dans la tourmente
Les ressortissants les plus touchés viennent du Malawi, du Nigeria, du Ghana, du Zimbabwe et du Mozambique. Plusieurs milliers de Malawiens s’entassaient dans un campement de fortune à Durban. Leurs gouvernements ont organisé des rapatriements volontaires. Des avions affrétés ont décollé de Johannesburg vers Lagos. La peur domine dans les communautés étrangères. Les pillages de commerces et agressions se multiplient depuis des mois. Le mouvement March and March, né à Durban en 2025, fixe l’ultimatum au 30 juin. Il exige l’expulsion de tous les étrangers illégaux.
L’arsenal technologique déployé aux frontières
Pour prouver son efficacité, le gouvernement affiche sa modernisation sécuritaire. L’Autorité de gestion des frontières déploie drones et caméras thermiques. Une campagne anti-corruption est lancée au poste-frontière d’Oshoek. Des tribunaux spécialisés pour les affaires migratoires vont ouvrir au centre de détention de Lindela. Cette démonstration de force vise un double objectif. Il s’agit de rassurer une opinion publique excédée. Et de prévenir les débordements redoutés après l’échéance du 30 juin.
Un tournant pour la solidarité africaine
Cette crise embarrasse profondément l’Afrique du Sud. Le pays se réclamait d’une tradition d’accueil héritée de l’ère Mandela. Ses voisins Zimbabwe, Mozambique et Malawi en tiraient un bénéfice économique majeur. La Constitution de 1996 protégeait explicitement les droits des réfugiés. Ce cycle xénophobe récurrent interroge les fondements de la solidarité panafricaine. Le Nigeria et le Ghana ont officiellement protesté. La CEDEAO surveille la situation de près. L’image internationale de Pretoria en prend un coup sérieux.
L’Afrique du Sud peut-elle concilier la lutte contre l’immigration illégale et le respect de ses obligations de solidarité continentale ?
Xolomo Tokpa

