Dakar s’impose comme carrefour diplomatique et culturel cette semaine. La question du patrimoine mondial africain UNESCO à Dakar est au cœur des discussions. La capitale sénégalaise accueille depuis le 15 juin la 9e réunion préparatoire des États africains à l’UNESCO. L’enjeu est clair : corriger un déséquilibre historique qui pénalise l’Afrique sur la liste mondiale.
Pourquoi cette réunion est stratégique
La 48e session du Comité du patrimoine mondial se tient du 19 au 29 juillet à Busan. Les États africains doivent y arriver soudés et préparés. Cette réunion de Dakar, qui dure jusqu’au 19 juin, sert à harmoniser leurs positions. Le Sénégal préside le Groupe africain 5A du Comité. C’est une responsabilité diplomatique et culturelle de premier rang. L’ouverture officielle s’est tenue à l’Hôtel Terrou-Bi le 15 juin à 9 heures. Le ministre Alpha Thiam présidait la cérémonie.
Un déséquilibre structurel dénoncé
L’ambassadeur Pierre Faye, délégué permanent du Sénégal auprès de l’UNESCO, a été direct à l’ouverture. Il a appelé les États africains à parler d’une seule voix à Busan. Le constat est sévère : la voix de l’Afrique reste peu audible dans les instances patrimoniales mondiales. L’Afrique représente 20 % de la superficie terrestre. Pourtant, ses sites inscrits sur la liste UNESCO restent nettement sous-représentés. Ce déséquilibre est documenté depuis 2016. Les efforts de correction avancent lentement.
Ce que Dakar veut obtenir à Busan
L’objectif est double. Il s’agit d’abord de mieux défendre les dossiers de candidature africains déjà en cours. Ensuite, de peser collectivement sur les règles qui gouvernent les inscriptions. Le Dr Albino Jopela, directeur du Fonds africain pour le patrimoine mondial, est présent à Dakar. Il représente l’outil financier que l’Union africaine a mis en place en 2006 pour renforcer les capacités des États membres. Sans financement adéquat, les dossiers africains restent mal préparés face aux candidatures européennes et asiatiques.
Le leadership sénégalais en jeu
En accueillant cette réunion, Dakar confirme son ambition diplomatique culturelle. Le Sénégal a déjà obtenu plusieurs inscriptions notables sur la liste UNESCO. Le Parc national des oiseaux du Djoudj et l’île de Gorée en sont les exemples les plus emblématiques. La présidence du Groupe 5A confère à Dakar un levier d’influence réel. Alpha Thiam a clairement fixé l’objectif : consolider les positions, finaliser les dossiers, et porter ensemble les ambitions africaines. La réunion de Busan sera le test de cette solidarité continentale.
L’Afrique parviendra-t-elle enfin à parler d’une seule voix à Busan et à rééquilibrer sa place sur la liste du patrimoine mondial ?
Xolomo Tokpa

