Cuivre : l’Afrique réduit le risque de pénurie mondiale

Le continent devient une pièce maîtresse de la transition énergétique mondiale. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié jeudi 16 juillet 2026, l’Afrique atténue le risque de pénurie de cuivre.

Un déficit revu à la baisse grâce à l’Afrique

Le déficit mondial d’offre de cuivre à l’horizon 2035 est désormais estimé à 25%, contre 30% un an plus tôt. Ce chiffre figure dans le « Global Critical Minerals Outlook 2026 » de l’AIE. Cette amélioration, bien que modeste, s’explique principalement par l’intégration de nouvelles capacités de production africaines dans les modèles de prévision. La République démocratique du Congo et la Zambie devraient à elles seules ajouter 650 000 tonnes de capacité supplémentaire aux projections pour 2035. Sans cette contribution africaine, les tensions sur le marché du métal rouge seraient structurellement bien plus aiguës, selon l’AIE.

Une demande mondiale qui ne faiblit pas

La demande mondiale de cuivre raffiné a atteint 27 millions de tonnes en 2024, en hausse de 3,2% sur un an. Elle devrait grimper à 33 millions de tonnes en 2035, puis 37 millions en 2050. Le cuivre reste indispensable à l’électrification des transports, aux centres de données et aux secteurs de la défense. Plusieurs grandes exploitations mondiales ont pourtant connu des perturbations opérationnelles récentes. La mine de Kamoa-Kakula, en RDC, et celle de Grasberg, en Indonésie, ont notamment vu leur production ralentir en 2025, poussant l’International Copper Study Group à réviser ses prévisions de croissance pour 2026.

Un précédent qui rappelle le cobalt congolais

Ce rôle croissant de l’Afrique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales dépasse le seul cuivre. Il concerne aussi les terres rares et le lithium, deux autres ressources stratégiques largement présentes sur le continent. À l’inverse du cuivre, un déficit d’offre est apparu pour le cobalt, en raison des nouveaux quotas d’exportation imposés par la RDC. Cette situation illustre combien les décisions politiques des grands producteurs peuvent rapidement bouleverser les équilibres mondiaux. Le nombre de codes tarifaires miniers soumis aux contrôles à l’exportation chinois a d’ailleurs triplé depuis 2023, accentuant cette instabilité structurelle des marchés.

Extraire ne suffit plus, il faut transformer

L’AIE souligne un déséquilibre persistant entre l’extraction minière et les capacités de transformation locale. Pour les terres rares, les capacités de raffinage existantes dans les régions diversifiées équivalent à environ les deux tiers de l’offre minière attendue d’ici 2035. La production de matériaux cathodiques pour batteries, elle, ne représente qu’un tiers de la capacité minière de lithium projetée. Pour les pays africains, l’enjeu ne se limite donc plus à extraire davantage de minerais. Il s’agit désormais de transformer localement ces ressources, afin d’en tirer des recettes publiques, des emplois et des écosystèmes industriels durables.

L’Afrique parviendra-t-elle à transformer son avantage géologique en développement industriel durable, plutôt qu’en simple rente extractive ?

Xolomo Tokpa

Dernières Infos
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici