Plus nombreux, mais pas plus loin. Alors que les demi-finales du Mondial 2026 débutent ce mardi 14 juillet à Dallas, aucune sélection africaine n’aura atteint ce stade de la compétition.
Un record de participation inédit
Dix nations africaines avaient pris part à cette édition, un record absolu pour le continent. Ce chiffre résulte directement de l’élargissement du tournoi à 48 équipes, décidé par la FIFA en 2017. L’Afrique ne comptait que cinq représentants lors des éditions à 32 équipes. Ce doublement mécanique du nombre de qualifiés a nourri l’espoir d’un nouveau record continental. Le Maroc, tombeur de la France en 8e de finale lors du précédent Mondial, restait l’espoir le plus solide pour rééditer, voire dépasser, son exploit de 2022.
Le Maroc, sous son propre standard de 2022
Les Lions de l’Atlas s’étaient hissés en demi-finale à Doha, une première historique pour une nation africaine et arabe. Cette année, ils se sont arrêtés en quart de finale, battus 2-0 par la France le 9 juillet à Boston. Ce parcours, honorable, reste donc en retrait par rapport au standard fixé quatre ans plus tôt. Walid Regragui avait fait entrer le Maroc dans le club très fermé des nations non européennes et non sud-américaines qualifiées en demi-finale. Ce club reste, à ce jour, toujours limité à cette unique performance marocaine de 2022.
Une histoire africaine faite de paliers successifs
Avant le Maroc, trois nations africaines avaient déjà atteint les quarts de finale sans jamais les dépasser. Le Cameroun l’avait fait en 1990, en battant 1-0 l’Argentine championne du monde en titre dès le match d’ouverture. Le Sénégal avait suivi en 2002, en battant lui aussi 1-0 la France championne sortante. Le Ghana s’était arrêté aux tirs au but en 2010 face à l’Uruguay, à la suite d’un penalty manqué par Asamoah Gyan en prolongation, après une main volontaire de Luis Suárez sur sa ligne. Il aura donc fallu attendre 2022 et le Maroc pour que l’Afrique franchisse enfin ce plafond de verre resté intact pendant plus de trente ans.
Un plafond qui résiste, une base qui s’élargit
L’édition 2026 confirme que la profondeur du football africain progresse plus vite que son sommet. Dix qualifiés, c’est un signal fort envoyé aux fédérations, sponsors et diffuseurs du continent. Mais pour les entraîneurs et analystes, la question structurelle demeure entière. L’élargissement à 48 équipes a mécaniquement facilité l’accès à la phase finale pour des nations n’ayant jamais affronté un tel niveau de compétition, comme la Guinée-Bissau ou le Cap-Vert. Reste à transformer cette présence élargie en performances sportives comparables à l’exploit marocain de 2022, plutôt qu’en simple record statistique de participation.
L’Afrique aura-t-elle un jour un deuxième demi-finaliste, ou le Maroc de 2022 restera-t-il une exception isolée ?
Xolomo Tokpa

