Le compte à rebours institutionnel est lancé. Cette actualité sur la Guinée convocation Assemblée nationale suscite déjà de nombreuses réactions. Le président Mamadi Doumbouya a signé, ce vendredi 10 juillet 2026, le décret convoquant la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale guinéenne.
Une séance strictement protocolaire
Selon l’article 1er du décret, les 147 députés se réuniront le vendredi 17 juillet au Palais du Peuple, à Conakry. L’article 2 précise que cette première session sera exclusivement consacrée à deux tâches. L’installation officielle des députés élus lors du scrutin du 31 mai dernier en constitue la première. L’élection du bureau de l’Assemblée nationale, à commencer par son président, forme la seconde. Aucun débat législatif de fond ne sera abordé lors de cette séance d’ouverture. Le décret précise qu’il abroge toutes les dispositions antérieures incompatibles avec son contenu.
La fin d’une transition de plus de trois ans
Cette convocation marque une étape décisive dans le retour à l’ordre constitutionnel guinéen. Le pays vit sous régime de transition depuis le coup d’État de septembre 2021, qui avait renversé Alpha Condé. La nouvelle Constitution, entrée en vigueur le 21 septembre 2025, avait posé le cadre de cette dixième législature depuis l’indépendance de 1958. Les élections communales, puis législatives du 31 mai 2026, ont progressivement permis l’installation des nouvelles institutions élues. Le président Doumbouya a reçu ce même vendredi une soixantaine des 81 membres du Conseil national de la Transition, venus lui faire leurs adieux officiels.
Un précédent régional de transitions prolongées
La Guinée s’inscrit dans une trajectoire commune à plusieurs pays ouest-africains sortis récemment de régimes militaires. Le Mali avait organisé des élections législatives en 2023, après plus de trois ans de transition post-putsch. Le Tchad avait suivi une séquence comparable, avec l’installation d’un Parlement élu en 2024 après la mort d’Idriss Déby. Ces transitions prolongées suscitent régulièrement des critiques sur leur durée réelle, souvent supérieure aux calendriers initialement annoncés. La Guinée aura mis près de quatre ans entre le coup d’État de 2021 et l’installation de ce nouveau Parlement élu.
Le bureau de l’Assemblée, premier test politique
L’élection du président de l’Assemblée nationale constituera le premier enjeu politique réel de cette nouvelle législature. Ce poste conditionne largement l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif pour les années à venir. Les 147 sièges se répartissent entre plusieurs formations politiques issues du scrutin de mai. La capacité de cette nouvelle Assemblée à exercer un contrôle réel sur l’action gouvernementale sera scrutée de près. Elle déterminera si cette dixième législature marque une rupture véritable avec les pratiques du passé, ou leur simple reconduction sous une forme renouvelée.
Cette nouvelle Assemblée nationale saura-t-elle s’affirmer face à un pouvoir exécutif encore largement dominant ?
Xolomo Tokpa

