Le procès d’Oyé Guilavogui, l’ex- ministre de l’Environnement et du Développement durable, a franchi une étape décisive ce mercredi 10 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Lors des réquisitions et plaidoiries, le parquet a requis une peine de dix ans de prison, une amende de 50 milliards de francs guinéens et la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le prévenu. Le verdict est attendu pour le 1er juillet prochain.
10 ans de prison. 50 milliards d’amende. Un mandat d’arrêt. Le parquet ne fait pas dans la demi-mesure.
Des poursuites pour un préjudice de 213 milliards GNF
Oyé Guilavogui est poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Aux dires du ministère public, l’ancien membre du gouvernement aurait causé un préjudice estimé à 213 milliards de francs guinéens à l’État guinéen, une somme colossale qui situe ce dossier parmi les plus importants instruits par la CRIEF depuis sa création.
Dans ses réquisitions, le substitut du procureur spécial a également mis en lumière l’ampleur du patrimoine attribué au prévenu, comprenant des biens immobiliers et des exploitations agricoles, dont l’origine constitue l’un des éléments centraux des charges retenues.
Les réquisitions du parquet
Le ministère public a requis une peine de dix ans d’emprisonnement, une amende de 50 milliards de francs guinéens, ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt à l’encontre de l’ancien ministre. La partie civile a, pour sa part, demandé que le jugement soit rendu contradictoirement.
Verdict attendu le 1er juillet
La Cour a fixé la date du délibéré au 1er juillet 2026. D’ici là, la défense aura l’occasion de plaider en réponse aux réquisitions du parquet. Ce délibéré sera suivi de près, tant par les observateurs de la justice guinéenne que par ceux qui voient dans ces procès de la CRIEF un signal de la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics.
Le procès d’Oyé Guilavogui s’ajoute à une longue liste de dossiers instruits par la CRIEF depuis 2021. La sévérité des réquisitions du parquet dans cette affaire envoie un message : les anciens responsables de l’État qui auraient utilisé leurs fonctions pour s’enrichir illicitement devront répondre de leurs actes devant la justice, quel que soit le poste qu’ils ont occupé.
Facinet Soumah

