CRIEF : ouverture des débats dans l’affaire Mandian Sidibé le 10 juin

Les débats dans le dossier opposant le parquet spécial à l’ex-directeur général de l’Office Guinéen de Publicité s’ouvriront prochainement. Mandian Sidibé et ses coaccusés comparaîtront le mercredi 10 juin 2026 devant la chambre de jugement de la CRIEF.

Cette information a été obtenue auprès de sources judiciaires proches du dossier. La Cour de répression des infractions économiques et financières s’apprête ainsi à examiner l’un des dossiers les plus retentissants du moment.

Trois prévenus dans le viseur du parquet spécial

L’ancien patron de l’OGP est poursuivi en compagnie de deux anciens collaborateurs au sein de l’institution publicitaire. L’ex-directeur administratif et financier de l’institution, Aboubacar Sidiki Konaté, figure également parmi les prévenus de ce dossier.

Pépé Haba, agent et ancien caissier de l’OGP, complète le trio des personnes poursuivies dans cette affaire. Les trois prévenus sont mis en cause pour des faits présumés de détournement de deniers publics au sein de l’organisme.

Le montant en cause dans ce dossier est particulièrement conséquent pour les finances publiques guinéennes. Il est estimé à 78 milliards de francs guinéens selon les éléments transmis par le parquet spécial à la juridiction.

L’OGP, organe national de régulation publicitaire

L’Office Guinéen de Publicité constitue l’organe national chargé de la régulation de la publicité en République de Guinée. Sa mission principale consiste à veiller au respect strict de la réglementation en vigueur dans ce secteur stratégique.

L’institution a notamment pour rôle de superviser l’exercice de la profession publicitaire sur l’ensemble du territoire national. Cette mission régalienne s’exerce à travers la délivrance de licences annuelles aux personnes morales travaillant dans le secteur publicitaire.

Le rôle de l’OGP dans l’écosystème médiatique et économique guinéen rend cette affaire d’autant plus sensible politiquement. Les sommes en jeu et la nature de l’institution concernée placent ce dossier sous le feu des projecteurs nationaux.

Une détention provisoire toujours en cours

Pour mémoire, Mandian Sidibé et son directeur administratif et financier avaient été placés sous mandat de dépôt. Cette mesure judiciaire avait été prononcée à leur encontre le 31 décembre 2024 dans le cadre de cette affaire.

Les deux ex-responsables avaient ensuite été écroués à la Maison centrale de Conakry pour les besoins de la procédure. Pépé Haba a rejoint ses anciens supérieurs en détention dans le cadre de l’instruction de ce dossier sensible.

Les trois prévenus se trouvent toujours actuellement en détention à la Maison centrale de Conakry depuis leur incarcération. Ils comparaîtront donc devant la juridiction spécialisée dans ces conditions, plus de dix-huit mois après leur arrestation initiale.

Un premier procès aux enjeux considérables

L’audience du 10 juin 2026 correspond à l’ouverture des débats dans ce dossier particulièrement médiatisé. Il s’agit du premier procès au fond pour les trois prévenus depuis le déclenchement des poursuites judiciaires.

La chambre de jugement de la CRIEF devra examiner l’ensemble des éléments à charge présentés par le parquet spécial. La défense disposera également de l’occasion de présenter ses arguments durant les audiences à venir devant les juges.

Le président de la chambre de jugement chargée de cet examen n’a pas encore été désigné publiquement. Cette information devrait être communiquée dans les jours précédant l’ouverture officielle des débats par la juridiction spécialisée.

La CRIEF mobilisée sur plusieurs dossiers majeurs

L’ouverture des débats dans l’affaire Mandian Sidibé s’inscrit dans une période d’activité intense pour la CRIEF. La juridiction spécialisée examine simultanément plusieurs dossiers retentissants concernant d’anciens hauts responsables de l’État guinéen.

L’affaire opposant l’État à l’ancien ministre Mohamed Diané mobilise également cette juridiction depuis plusieurs mois. La Chambre des appels de la CRIEF avait entendu trois témoins de premier plan le 21 mai 2026 dans ce dossier.

Ces différentes procédures témoignent de la volonté affichée des autorités guinéennes de lutter contre les détournements de fonds publics. La CRIEF s’impose désormais comme l’instance clé dans la traque des infractions économiques et financières au sein de l’administration nationale.

Une procédure judiciaire suivie de près

L’opinion publique guinéenne suit avec attention l’évolution de ce dossier emblématique depuis l’arrestation des prévenus. Les sommes en jeu et la notoriété des personnes mises en cause expliquent largement cet intérêt soutenu pour l’affaire.

Les défenseurs des trois prévenus n’ont pas encore été identifiés publiquement à ce stade de la procédure judiciaire. Leur stratégie de défense face aux accusations particulièrement lourdes formulées par le parquet spécial reste à découvrir.

La décision qui sera rendue par la chambre de jugement constituera un signal important dans la lutte contre la corruption. Au-delà du sort individuel des trois prévenus, c’est tout un système de gouvernance publique qui sera examiné par les juges.

Facinet Soumah

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