Ce soir au MetLife Stadium de New York, la France a battu le Sénégal 3 buts à 1 pour son entrée en lice au Mondial 2026. Mbappé double buteur (66e, 90+6e), Barcola (82e), Mbaye pour l’honneur (90+5e). Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye était dans les tribunes. Derrière le score se pose une question plus large : avec 9 équipes africaines dans ce Mondial élargi, l’Afrique est-elle enfin en mesure de peser sur la compétition ?
Un match maîtrisé en seconde période
La première mi-temps avait été serrée. Le gardien sénégalais Édouard Mendy a multiplié les arrêts face à Olise et Mbappé. Ismaïla Sarr a raté une occasion nette à bout portant (45+6e). Entrés dans le match, les Bleus ont fait parler leur supériorité technique en seconde période. Mbappé, lancé par Olise, a ouvert le score à la 66e minute. Barcola, entré en cours de jeu, a doublé la mise à la 82e. Mbappé a conclu sur penalty en fin de match.
Le résultat (3-1) est sévère mais révélateur d’un écart de densité d’effectif. La France de Didier Deschamps — à la tête des Bleus pour sa dernière compétition — a remporté ses sept matches d’ouverture en sept grandes compétitions. L’enchaînement reste intact.
Mbappé entre dans l’histoire des Bleus
Avec son doublé ce soir, Kylian Mbappé devient le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France toutes compétitions confondues. Il dépasse Thierry Henry. En Coupe du monde, il porte son total à 14 réalisations, à deux longueurs du record all-time de l’Allemand Miroslav Klose (16 buts). Ce Mondial 2026 pourrait lui offrir l’occasion d’écrire définitivement l’histoire.
Pour le Sénégal, Mbappé représente depuis 2002 un symbole particulier. C’est lors de ce même choc France-Sénégal que Pape Bouba Diop avait inscrit le but qui éliminait les champions du monde. L’histoire ne s’est pas répétée ce soir.
Le Sénégal peut-il rebondir dans ce groupe I ?
La défaite est lourde, mais pas éliminatoire. Dans ce Mondial à 48 équipes, les deux premiers de chaque groupe et les huit meilleurs troisièmes sont qualifiés pour les seizièmes de finale. Le Sénégal de Pape Thiaw dispose encore de deux matchs : face à la Norvège de Haaland et Ødegaard, puis face à l’Irak, issu des barrages intercontinentaux. Le chantier est réel — mais les Lions ont les moyens de se qualifier si la solidité défensive est restaurée.
Sadio Mané, à 34 ans, reste le leader offensif. Nicholas Jackson apporte du poids en pointe. Ismaïla Sarr, malgré son occasion manquée, reste un danger sur les couloirs. La marge de progression existe. Le staff sait qu’un seul faux pas supplémentaire pourrait compromettre la qualification.
L’Afrique dans ce Mondial : bilan des premières journées
Le Sénégal n’est pas la seule sélection africaine entrée en lice. La Côte d’Ivoire a créé la surprise en battant l’Équateur 1-0 grâce à Amad Diallo en toute fin de match. Le Maroc, vice-champion d’Afrique 2025, a tenu le Brésil en échec 1-1 dans un choc retentissant. Le Cap-Vert a tenu tête à l’Espagne. L’Afrique n’est pas uniformément dominée dans ce Mondial. Mais les inégalités entre les meilleures sélections africaines et le reste du contingent restent frappantes.
Neuf équipes africaines participent pour la première fois à un Mondial élargi. C’est une victoire institutionnelle. Elle n’efface pas les écarts de moyens, de préparation et d’infrastructure entre les fédérations du continent.
Diomaye Faye dans les tribunes : le football comme diplomatie
La présence du président Bassirou Diomaye Faye au MetLife Stadium n’est pas anodine. Se déplacer pour le premier match de sa sélection à New York, c’est un signal adressé à la communauté sénégalaise de la diaspora américaine — l’une des plus influentes économiquement. C’est aussi un acte de diplomatie sportive dans un Mondial organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, où les enjeux géopolitiques sont visibles à chaque tribune présidentielle.
L’Afrique a 9 équipes dans ce Mondial — mais combien iront en huitièmes de finale, et le continent est-il en train de combler réellement l’écart avec les puissances mondiales du football ?
Xolomo Tokpa

