Le plus inquiétant n’est pas toujours le bruit des armes. Au Mali, le JNIM semble chercher autre chose qu’une simple victoire militaire. Le groupe veut durer, contrôler et administrer.
Une violence qui change de visage
Le JNIM reste un groupe armé jihadiste. Mais dans certaines zones, des habitants décrivent une brutalité moins visible. La peur demeure, mais elle s’accompagne désormais d’une stratégie plus politique.
Le groupe prêche, arbitre des conflits et impose ses règles. Il ne se contente plus d’attaquer. Il tente de devenir l’autorité quotidienne.
Quand la terreur devient administration
Cette évolution est redoutable. Un groupe armé devient plus dangereux lorsqu’il administre mieux qu’il ne détruit. Il peut régler des litiges, organiser la vie locale et imposer une justice parallèle.
Pour beaucoup de villageois, l’adhésion n’est pas toujours idéologique. Elle peut être une stratégie de survie. Quand l’État disparaît, l’ordre imposé remplace le chaos.
L’État malien face au vide territorial
La question centrale est celle de la présence publique. Là où l’école, la justice, la santé et la sécurité reculent, d’autres pouvoirs s’installent.
Le JNIM exploite ce vide. Il sait que contrôler un territoire ne signifie pas seulement tenir une arme. Cela signifie aussi fixer les règles.
Un défi direct pour l’AES
Le Mali est un pilier de l’Alliance des États du Sahel. Sa promesse est claire : restaurer la souveraineté et reprendre le contrôle sécuritaire.
Mais si le JNIM devient un pouvoir parallèle, le défi dépasse l’armée. Il devient politique, social et institutionnel.
Le danger d’une normalisation
Le vrai risque est la banalisation. Si les populations finissent par considérer le JNIM comme une autorité installée, la reconquête devient plus difficile.
La guerre contre le jihadisme ne se gagnera donc pas seulement par les opérations militaires. Elle se gagnera par le retour crédible de l’État.
Xolomo Tokpa

