Ce mercredi soir au BMO Field de Toronto, le Ghana a battu le Panama 1-0 pour son entrée en lice dans le groupe L du Mondial 2026. Un seul but, à la 95e minute, inscrit par Caleb Yirenkyi — 20 ans et 153 jours. Il est désormais le plus jeune buteur victorieux dans les arrêts de jeu d’une Coupe du monde depuis 1990. Sans Thomas Partey, bloqué pour des raisons judiciaires et refus de visa canadien, les Black Stars arrachent une victoire précieuse. En effet, avec 6 victoires en 16 matchs de Coupe du monde, le Ghana devient la nation africaine la plus titrée de l’histoire de la compétition.
Une première période catastrophique, une seconde période décisive
La physionomie du match ne donnait pas le Ghana gagnant. En première période, le Panama a clairement dominé les débats. Dès la 2e minute, Waterman s’est procuré la première occasion franche — repoussée par le gardien Lawrence Ati-Zigi, impérial. À la 34e minute, une action litigieuse dans la surface ghanéenne aurait pu valoir un penalty aux Canaleros — le VAR en a décidé autrement. Côté ghanéen, un seul tir cadré en 45 minutes. Il était donc difficile de faire pire pour une équipe favorite du groupe.
Le retour des vestiaires a changé la physionomie du match. Carlos Queiroz, le sélectionneur portugais arrivé en avril 2026, a réalisé des ajustements décisifs. Les entrées de Semenyo et Nuamah ont apporté une percussion qui manquait. Mais c’est un contre fulgurant en toute fin de match — conclu par le jeune Yirenkyi — qui a délivré les Black Stars et désespéré le Panama. Les Panaméens étaient à deux doigts d’un point historique.
Caleb Yirenkyi : le nom que tout le continent retiendra
Caleb Yirenkyi, 20 ans, n’était pas titulaire ce soir. Il est entré en jeu en cours de partie et a inscrit le seul but d’un match où le Ghana avait tout à perdre. Selon les données de Stats Foot, il est à 20 ans et 153 jours le plus jeune joueur de l’histoire de la Coupe du monde à inscrire un but victorieux dans les arrêts de jeu de la deuxième période. Il bat ainsi un record qui datait de 1990. C’est une entrée dans l’histoire du football mondial par la grande porte, depuis le BMO Field de Toronto.
Son nom s’inscrit dans une longue tradition ghanéenne de talents émergents révélés sur la scène mondiale — de Abedi Pelé à Michael Essien, de Asamoah Gyan à Mohammed Kudus. Le Ghana a cette capacité singulière de produire des footballeurs qui brillent dans les grandes occasions.
Sans Partey : le Ghana résiste à ses propres absences
Thomas Partey, vice-capitaine et meilleur milieu de terrain des Black Stars, n’a pas pu participer à ce match. Les autorités canadiennes lui ont refusé l’entrée sur le territoire — il fait l’objet de poursuites judiciaires en Grande-Bretagne pour des accusations de viol, dont la FIFA a pris acte sans l’exclure de la sélection. Son absence a privé le Ghana d’un joueur clé dans l’organisation du milieu de terrain.
Queiroz a dû recomposer sans lui. Le résultat — laborieux mais réel — montre que les Black Stars disposent d’une profondeur d’effectif suffisante pour survivre à leurs propres crises. C’est une leçon de résilience collective que peu d’équipes africaines auraient été capables de démontrer dans les mêmes circonstances.
Le Ghana, nation africaine la plus victorieuse en Coupe du monde
Avec cette sixième victoire en 16 participations, le Ghana dépasse officiellement le Nigeria (6 victoires en 21 matchs) comme nation africaine la plus efficace de l’histoire du tournoi. Cameroun (5 victoires, 26 matchs), Sénégal (5 victoires, 11 matchs) et Maroc (5 victoires, 23 matchs) complètent ce palmarès continental. Par ailleurs, le Ghana y parvient avec le meilleur ratio victoires/matchs du continent.
Ce record arrive lors d’un Mondial à 48 équipes où l’Afrique a envoyé 9 sélections — un record institutionnel. Mais les résultats sur le terrain restent le seul baromètre qui compte. Avec cette victoire, le Ghana prouve que le nombre d’équipes africaines n’est pas qu’une victoire symbolique. C’est aussi une présence sportive réelle dans la compétition.
La suite : Angleterre puis Croatie
Les prochains adversaires du Ghana sont l’Angleterre — victorieuse de la Croatie 4-2 avec un doublé de Kane ce même soir — puis la Croatie. Le parcours sera exigeant. Mais les Black Stars ont démontré qu’ils savaient gagner dans la difficulté, sans leur meilleur joueur. Ils l’ont fait avec un entraîneur arrivé depuis seulement deux mois. Voilà la définition d’une équipe de compétition.
Quand le Ghana bat le Panama sans Partey, avec un buteur de 20 ans à la 95e minute, et devient la nation africaine la plus victorieuse de l’histoire du Mondial — est-ce l’émergence d’une génération capable d’aller encore plus loin que tous ses prédécesseurs ?
Xolomo Tokpa

