Guinée : Amnesty International dénonce un recul des libertés et une recrudescence des violations des droits humains.

Dans son rapport annuel  » La situation des droits humains dans le monde « , publié ce mardi 21 avril 2026, Amnesty International dresse un constat préoccupant sur la situation des droits humains en Guinée en 2025. L’organisation évoque un recul des libertés publiques, une pression accrue sur les voix critiques et une multiplication des violations des droits fondamentaux.

Le rapport souligne la poursuite des suspensions de partis politiques et de médias, ainsi que le maintien de l’interdiction des manifestations en vigueur depuis 2022. Plusieurs formations politiques de l’opposition ont été suspendues pour non-respect de leurs obligations administratives, dans un contexte de restriction de l’espace civique.

Sur le plan politique, Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral, a été condamné à deux ans de prison pour « offense et diffamation » envers le président de transition, Mamadi Doumbouya. Sa condamnation a été confirmée en appel, suscitant des critiques au sein de l’opposition et des défenseurs des droits humains.

La liberté de la presse apparaît également fragilisée. Plusieurs journalistes ont été interrogés dans le cadre de leur travail, tandis que certains médias ont été temporairement suspendus par les autorités. Ces mesures contribuent, selon Amnesty International, à réduire l’espace de liberté d’expression dans le pays.

Le rapport met aussi en lumière une série de disparitions forcées et d’enlèvements visant des militants, des journalistes et des responsables politiques. Plusieurs cas signalés restent non élucidés, alimentant un climat d’inquiétude et de peur au sein des acteurs de la société civile.

Sur le plan judiciaire, la grâce accordée à Moussa Dadis Camara, condamné pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009, est vivement critiquée. Amnesty International estime que cette décision porte atteinte au droit des victimes à la justice et à la réparation.

Pour finir, l’organisation évoque des violations persistantes des droits économiques et sociaux, notamment dans certains secteurs où les travailleurs dénoncent des conditions difficiles et une protection insuffisante, ainsi que des pressions continues sur les ressources naturelles.

Amnesty International appelle les autorités guinéennes à garantir les libertés fondamentales, à mettre fin aux pratiques de répression et à renforcer l’indépendance de la justice afin de restaurer pleinement l’État de droit.

Facinet Soumah

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