Décès de Mamadou Djouma Bah : le procureur de Kindia clarifie les circonstances du drame et défend la procédure judiciaire.

Après la mort du jeune candidat au baccalauréat session 2026, condamné pour fraude lord des examens, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a apporté des précisions sur les circonstances du décès et répondu aux critiques concernant la décision de justice.

Le décès de Mamadou Djouma Bah, élève en terminale sciences mathématiques au Groupe scolaire Souleymane Thiam, continue de susciter de nombreuses réactions à Kindia et au-delà. Quelques jours après sa condamnation pour fraude lors des épreuves du baccalauréat unique session 2026, le jeune candidat de 18 ans est décédé le lundi 20 juillet 2026. Face aux interrogations et aux nombreuses spéculations, le procureur de la République près le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a décidé de prendre la parole pour apporter des éclaircissements.

Devant la presse, le magistrat a expliqué que cette sortie publique s’inscrivait dans une démarche de transparence, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

 » Conformément à l’article 8 du Code de procédure pénale, le procureur de la République peut prendre la parole devant les journalistes pour éclairer la lanterne du public, éviter les désinformations et empêcher la diffusion d’informations erronées « , a-t-il déclaré.

Revenant sur le dossier judiciaire du jeune candidat, Mamadou Bhoye Diallo a confirmé que Mamadou Djouma Bah figurait parmi les candidats poursuivis et condamnés pour fraude au baccalauréat. Toutefois, il a tenu à préciser que le décès du jeune homme n’était pas intervenu en milieu carcéral.

Selon le procureur, le candidat souffrait d’un problème de santé, notamment le rhumatisme, avant même son arrivée à Kindia. Informé de la dégradation de son état, il affirme avoir demandé une prise en charge médicale.

 » Malheureusement, il est décédé à la suite d’une maladie, notamment le rhumatisme. Mais il n’est pas mort en prison. Dès que le régisseur m’a informé de son état de santé précaire, j’ai demandé qu’il soit pris en charge. Il a été conduit deux fois à l’hôpital régional. Comme son état ne s’améliorait pas, j’ai demandé qu’il soit confié à ses parents, qui l’ont ensuite amené à l’hôpital où il était suivi par son médecin traitant. C’est entre les mains de ce dernier qu’il est décédé « , a expliqué le procureur.

Le magistrat précise également que, d’après les informations fournies par la famille, le jeune homme souffrait déjà de cette pathologie avant son arrivée à Kindia.

 » Les parents nous ont indiqué que Mamadou Djouma souffrait de rhumatisme depuis qu’il était à Dalaba. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il avait été envoyé à Kindia. Nous sommes navrés et désolés face à cette disparition, car personne ne peut souhaiter une telle épreuve à son prochain « , a-t-il regretté.

La disparition de Mamadou Djouma Bah a également relancé le débat sur la sévérité de la sanction prononcée contre lui pour fraude aux examens. Certains observateurs et citoyens estiment que la peine infligée au jeune candidat était disproportionnée.

Interpellé sur cette question, le procureur de Kindia a rappelé qu’il n’avait pas vocation à remettre en cause une décision rendue par une juridiction indépendante.

 » Je suis soumis à la décision de justice. Je ne peux pas, en ma qualité de magistrat, critiquer une décision de justice. Le président du tribunal a statué en toute indépendance et nous nous en remettons à sa sagesse « , a-t-il affirmé.

Mamadou Bhoye Diallo a par ailleurs indiqué que le parquet n’avait pas fait appel de la décision, estimant que la peine prononcée correspondait au minimum prévu par la loi.

 » Certains considèrent que la peine est excessive, mais de notre côté, nous avons estimé qu’il n’y avait pas lieu de la contester « , a-t-il précisé.

Alors que l’émotion reste vive autour de la disparition de Mamadou Djouma Bah, cette intervention du procureur relance le débat sur la lutte contre la fraude aux examens nationaux, mais aussi sur la prise en compte des situations humaines et sanitaires des personnes impliquées dans des procédures judiciaires.

Source : Planete7.info

Facinet Soumah

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