Mondial 2026 : les Bafana Bafana humiliés dès l’ouverture

Le stade Azteca. La cérémonie d’ouverture. Shakira et Burna Boy. Puis le terrain. Lors de ce Mondial 2026 Afrique du Sud Mexique, l’Afrique du Sud, fière d’être le seul pays africain à ouvrir un Mondial depuis 2010, a subi une défaite cinglante face au Mexique : 2-0, deux expulsions, une prestation cauchemardesque. Le continent regardait. Il a frémi.

Un scénario catastrophe dès la 9e minute

La rencontre a basculé tôt. À la 9e minute, une relance mal assurée du défenseur Yaya Sithole offre le ballon à Julián Quiñones, attaquant mexicain, qui ouvre le score sans résistance. Le premier but de la Coupe du monde 2026 est né d’une erreur élémentaire. Le ton est donné.

En deuxième période, Sithole — encore lui — commet une faute de dernier recours et prend un carton rouge (50e). L’Afrique du Sud se retrouve à dix. Raúl Jiménez, en larmes après son but, double la mise d’une tête sur centre d’Alvarado (67e). En toute fin de match, Themba Zwane est expulsé à son tour pour un coup au visage signalé par le VAR (84e). Les Bafana Bafana terminent à neuf.

Au-delà du score : le niveau réel du football africain

La défaite est sévère. Mais ce qui frappe les observateurs, c’est l’écart de niveau affiché. L’Afrique du Sud, 60e nation au classement FIFA, a semblé dépassée dans tous les compartiments du jeu. Pressing mal géré, organisation défensive fragile, incapacité à construire proprement : les limites sont structurelles.

Ce constat s’inscrit dans une tension plus large. Pour la première fois de l’histoire, dix équipes africaines participent à un Mondial. Un record rendu possible par l’élargissement du tournoi à 48 équipes décidé par la FIFA en 2017. Mais ce record arithmétique cache une réalité sportive contrastée : plusieurs des dix qualifiés africains ont bénéficié d’un format moins sélectif, pas nécessairement d’une progression de leur niveau.

L’élargissement à 48 : victoire ou illusion ?

L’Afrique comptait 5 représentants dans les éditions à 32 équipes. Elle en a désormais 10. Pour les fédérations, les sponsors et les télévisions, c’est une victoire. Pour les entraîneurs et les analystes, la question reste ouverte : peut-on parler de progrès du football africain quand la progression du nombre de qualifiés est mécanique, non méritocratique ?

Certaines nations — Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Égypte — ont un niveau réel de compétition internationale. D’autres affrontent pour la première fois des adversaires d’un calibre qu’elles n’ont jamais croisé en phase de groupes. Le Cap-Vert, la RDC, la Guinée-Bissau : leur présence est historique. Leur capacité à peser sur la compétition, incertaine.

Les Bafana Bafana doivent vite rebondir

Pour l’Afrique du Sud, le calendrier est immédiat. Elle affronte la Corée du Sud et la République tchèque dans les prochains jours. Deux matchs qui ressemblent à des finales pour espérer sortir des poules. Le sélectionneur Hugo Broos devra rapidement reconstruire la confiance d’un groupe fragilisé par les expulsions et la désorganisation collective.

Le pays hôte symbolique d’une Afrique présente et ambitieuse ne peut pas se permettre de quitter le Mondial dès la phase de groupes — sans avoir pesé, sans avoir existé.

Le football africain a-t-il vraiment progressé, ou l’élargissement à 48 équipes donne-t-il l’illusion d’une puissance continentale que les résultats sur le terrain ne confirment pas encore ?

Xolomo Tokpa

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