Mali : HRW accuse Africa Corps d’un massacre à Bombori

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Un rapport documenté qui relance un débat sensible sur la coopération russo-malienne. Human Rights Watch a accusé jeudi 20 août des paramilitaires russes d’Africa Corps d’avoir tué neuf civils. Le massacre aurait eu lieu le 10 juillet dans le village de Bombori. Ce site se trouve en région de Mopti, au centre du Mali. Quatre enfants figurent parmi les victimes de cette opération antijihadiste menée à l’aube. Ce rapport intervient alors que la présence militaire russe s’installe durablement dans le paysage sécuritaire sahélien.

Un assaut mené à l’aube contre un village peul

Plus de cent combattants d’Africa Corps, accompagnés de plusieurs militaires maliens, ont investi Bombori au petit matin. Ils recherchaient des combattants du JNIM, groupe jihadiste lié à Al-Qaïda qui contrôle ce village depuis 2017. Les jihadistes avaient toutefois quitté les lieux la veille, selon les informations recueillies par HRW. Les combattants ont fait irruption dans les maisons du quartier peul de Bombori. Ils ont rassemblé au moins 80 hommes et garçons sous un arbre, avant de les battre et de les interroger. Cette scène de rassemblement forcé a duré plusieurs heures selon les témoignages recueillis par l’organisation.

Des exécutions sommaires documentées par témoins

Selon le rapport de HRW, six civils tentant de fuir ont été abattus par les combattants d’Africa Corps. Trois autres personnes ont été exécutées sur place, dont l’une aurait été décapitée. Une fois les combattants repartis, les habitants ont récupéré neuf corps sur le site de l’attaque. Les victimes comprenaient cinq hommes et quatre enfants âgés de six à dix-sept ans. HRW a documenté ce massacre à travers des entretiens à distance menés avec treize personnes différentes.

Une responsabilité partagée entre Bamako et Moscou

Africa Corps a succédé au groupe Wagner sur plusieurs théâtres africains après la mort d’Evguéni Prigojine. Cette structure paramilitaire opère désormais sous un pilotage plus étroit du ministère russe de la Défense. Son déploiement au Sahel s’est accéléré courant 2024, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. HRW avait déjà documenté en juin dernier d’autres violations commises par des groupes armés islamistes et des forces maliennes. L’organisation a envoyé des courriers aux autorités russes et maliennes concernant ce massacre, sans recevoir de réponse à ce jour. Ce silence officiel alimente les critiques sur l’absence de mécanisme de reddition de comptes dans cette coopération sécuritaire.

Cette accumulation d’exactions documentées entamera-t-elle un jour la solidité du partenariat sécuritaire entre Bamako et Moscou ?

Xolomo Tokpa

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