Une catastrophe qui frappe deux fois le même quartier en quelques heures. Un éboulement s’est produit dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août à Conakry. De fortes pluies ont déstabilisé la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia. Le gouvernement guinéen a communiqué un bilan provisoire de 30 morts et 22 blessés, dont six graves. Ce bilan pourrait encore évoluer à mesure que se poursuivent les opérations de recherche sur le terrain. La saison des pluies, particulièrement intense cette année, aggrave les risques déjà connus sur ce type de site.
Un premier glissement suivi d’un second, plus meurtrier
Le drame s’est produit aux environs de deux heures du matin, selon le communiqué gouvernemental. Une première partie de la montagne de déchets s’est effondrée sur des habitations riveraines. Des habitants du quartier se sont alors rendus sur place à la recherche d’éventuelles victimes. Une seconde partie de la décharge s’est ensuite détachée en plusieurs vagues successives. Elle a emporté les personnes venues porter secours, aggravant considérablement le bilan humain de cette catastrophe. Ce scénario en deux temps explique en partie l’ampleur inhabituelle du nombre de victimes.
Une mobilisation immédiate des secours
Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur des dégâts. Il a supervisé la mobilisation des services publics et exprimé sa compassion aux familles endeuillées. D’importants moyens humains et matériels ont été déployés dès les premières heures du drame. La Croix-Rouge, les Forces de défense et de sécurité, ainsi que des équipes médicales ont participé aux opérations. Les recherches se sont poursuivies toute la journée pour dégager d’éventuelles personnes encore ensevelies sous les ordures. Les autorités locales ont également appelé les populations riveraines à la plus grande prudence.
Un site déjà endeuillé par le passé
Conakry avait déjà connu une tragédie similaire sur ce même site de Dar-es-Salam en 2018. Cette répétition souligne le risque permanent que représentent ces décharges à ciel ouvert pour les populations riveraines. De nombreux habitants s’installent à proximité de ces sites faute d’alternatives de logement plus sûres. La saison des pluies expose régulièrement ces zones densément peuplées à des glissements de terrain. Ce nouveau drame relance ainsi la question de la gestion des déchets urbains dans la capitale guinéenne. Les autorités locales devront désormais présenter des mesures concrètes pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise une nouvelle fois.
Combien de nouvelles tragédies faudra-t-il pour que Conakry gère durablement ses décharges urbaines ?
Xolomo Tokpa


