États-Unis : Fin de la délivrance des visas à Conakry, les Guinéens renvoyés vers Dakar.

Nouveau tour de vis pour la politique migratoire américaine. D’après des informations révélées par l’agence Associated Press (AP) ce mardi 2 juin, l’administration de Donald Trump s’apprête à déployer une restriction drastique de ses activités consulaires en Afrique. Sur les 50 ambassades et consulats qui délivraient jusqu’ici des visas pour les États-Unis sur le continent, seuls 20 « hubs » régionaux conserveront cette prérogative.

Cette directive, approuvée fin mai par le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, doit entrer en vigueur dans le courant du mois de juin. Dans les pays exclus de cette liste, les sections consulaires perdront l’essentiel de leurs compétences en la matière pour se concentrer sur l’assistance aux citoyens américains et les affaires urgentes.

Kinshasa, Dakar, Abidjan… La liste des 20 rescapés

La nouvelle carte consulaire américaine en Afrique se limitera désormais à un réseau de 20 sites stratégiques à travers le continent :

• Afrique de l’Ouest : Dakar (Sénégal), Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Lagos (Nigeria), Lomé (Togo), Monrovia (Liberia), Praia (Cap-Vert).

• Afrique Centrale : Kinshasa (RDC), Yaoundé (Cameroun), Malabo (Guinée équatoriale).

• Afrique de l’Est et Corne : Addis-Abeba (Éthiopie), Nairobi (Kenya), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda), Djibouti (Djibouti), Dar Es Salam (Tanzanie).

• Afrique Australe et Océan Indien : Johannesburg et Le Cap (Afrique du Sud), Luanda (Angola), Port-Louis (Maurice).

Pour tous les citoyens des pays ne figurant pas dans cette liste, la procédure s’annonce comme un parcours du combattant. Ils devront désormais financer un voyage vers l’un de ces pôles régionaux pour y déposer leur demande, ajoutant des frais de transport et d’hébergement prohibitifs à un processus déjà coûteux.

L’objectif de Washington : Dissuader à tout prix

Cette réorganisation s’inscrit dans la volonté globale de la Maison-Blanche de réduire l’immigration sous toutes ses formes. Washington cible particulièrement le phénomène du « overstay », ces voyageurs qui entrent légalement sur le territoire américain avec un visa temporaire mais y restent après l’expiration de celui-ci.

Pour justifier ce repli, le Département d’État américain invoque une logique d’efficience budgétaire et sécuritaire, affirmant évaluer en permanence ses opérations à l’étranger pour « aligner les ressources et les capacités opérationnelles sur les intérêts nationaux des États-Unis ».

Ce n’est pas le premier obstacle dressé sur la route des voyageurs africains. L’administration Trump avait déjà imposé des cautions financières contraignantes – oscillant entre 5 000 et 15 000 dollars – pour l’obtention de certains visas. Si ces cautions ont été partiellement levées à l’approche de la Coupe du monde 2026 (co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique du 11 juin au 19 juillet), l’accès au territoire américain n’a jamais semblé aussi restreint pour le continent.

Le retour de l’isolationnisme américain

Cette centralisation des services de visas est une illustration concrète de la doctrine « Make America Great Again ». Elle s’accompagne d’ailleurs d’une réduction globale du personnel diplomatique américain à travers le monde.

En érigeant des barrières géographiques et financières, les États-Unis assument une véritable politique de dissuasion. Pour la classe moyenne, les hommes d’affaires et les étudiants africains issus des 30 pays privés de couverture consulaire, le rêve américain vient de s’éloigner un peu plus.

Facinet Soumah

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