La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu une décision importante ce mercredi 1er juillet 2026. Le dossier concernait la gestion de l’hôpital Jean Paul II et impliquait plusieurs responsables présumés.
À l’issue du procès, le directeur général de l’établissement, Soriba Soumah, a été reconnu coupable de plusieurs infractions. L’un de ses coaccusés a également été condamné dans le cadre de ce dossier retentissant à l’échelle nationale.
Soriba Soumah condamné à 5 ans ferme
Siégeant sous la présidence du magistrat Alpha Camara, la chambre de jugement a retenu de lourdes charges contre Soriba Soumah. L’enrichissement illicite, la corruption d’agents publics ainsi que le faux et usage de faux en écritures publiques ont été retenus.
En conséquence de ces multiples infractions, Soriba Soumah a été condamné à cinq années d’emprisonnement ferme. Une amende de 50 millions de francs guinéens vient s’ajouter à cette peine principale prononcée contre l’ex-directeur.
Cette condamnation témoigne de la fermeté de la CRIEF face aux détournements présumés dans le secteur hospitalier public. La gestion des établissements publics de santé fait désormais l’objet d’une attention particulière de la juridiction spécialisée.
Ismaël Traoré également condamné
Le second prévenu jugé lors de cette audience, Ismaël Traoré, a également été reconnu coupable dans cette affaire. Ce fournisseur de l’hôpital est par ailleurs le président-directeur général de la société AT Multi-Service SARL.
Les faits de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite ont été retenus contre Ismaël Traoré. Il écope d’une peine de deux ans de prison, dont seize mois avec sursis, selon la décision de la chambre.
Une amende de 20 millions de francs guinéens vient compléter cette condamnation prononcée par le magistrat Alpha Camara. Cette peine reflète la gradation appliquée par la juridiction en fonction du niveau d’implication de chaque prévenu.
Un troisième prévenu introuvable
Mohamed Sangaré, agent comptable de l’hôpital, reste toutefois introuvable au moment du prononcé de la décision. L’intéressé fait toujours l’objet de recherches actives menées par les services compétents guinéens dans cette affaire.
Les charges retenues contre Mohamed Sangaré sont particulièrement lourdes selon les termes de l’acte d’accusation. Détournement de deniers publics, corruption, faux et usage de faux, enrichissement illicite et complicité figurent parmi les chefs.
Les principaux accusés avaient été placés sous mandat de dépôt en avril dernier, au début de la procédure judiciaire. Cette détention provisoire prolongée traduit la gravité initiale accordée par les magistrats à ce dossier sensible.
Des réparations civiles considérables
S’agissant des réparations civiles, la CRIEF a ordonné des versements solidaires importants à l’État guinéen. Soriba Soumah et Ismaël Traoré devront verser conjointement 8 milliards 486 millions et 3 milliards 570 millions de francs guinéens.
Une obligation personnelle supplémentaire a été imposée à Soriba Soumah selon la décision du tribunal. Il devra ainsi payer individuellement 4 milliards 913 millions 500 mille francs guinéens au titre du préjudice.
La juridiction a évalué le préjudice global subi par l’État à un milliard de francs guinéens supplémentaires. Elle a enfin ordonné la confiscation de l’ensemble des biens appartenant aux personnes condamnées dans cette procédure.
Un verdict dans une CRIEF particulièrement active
Cette décision s’inscrit dans une dynamique judiciaire intense de la juridiction spécialisée guinéenne. Le même 1er juillet, le verdict très attendu du dossier Oyé Guilavogui, ex-ministre, est également prononcé.
Ces décisions succèdent à la confirmation en appel de la condamnation d’Ibrahima Chérif Bah, ex-gouverneur de la BCRG. L’affaire Mandian Sidibé, ex-DG de l’OGP, se poursuivra le 20 juillet après sa libération pour raisons de santé.
Le procès des responsables de la délégation spéciale de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré et son receveur, avait démarré le 29 juin. Cette intensification des procédures traduit la stratégie ferme du parquet spécial dirigé par Alphonse Charles Wright.
Facinet Soumah

