La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu, ce mercredi 1er juillet 2026, son verdict dans l’affaire relative à la gestion de l’hôpital Jean Paul II. Au terme de la procédure, le directeur général de l’établissement, Soriba Soumah, a été reconnu coupable de plusieurs infractions économiques et condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme.
L’audience présidée par le magistrat Alpha Camara, la chambre de jugement a retenu à l’encontre du responsable hospitalier les chefs d’enrichissement illicite, de corruption d’agents publics, ainsi que de faux et usage de faux en écritures publiques. En plus de la peine privative de liberté, la juridiction lui a infligé une amende de 50 millions de francs guinéens.
Dans le même dossier, Ismaël Traoré, fournisseur de l’hôpital et président-directeur général de la société AT Multi-Service SARL, a été déclaré coupable de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite. Il a été condamné à deux ans d’emprisonnement, dont seize mois assortis de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 20 millions de francs guinéens.
Le troisième prévenu, Mohamed Sangaré, agent comptable de l’hôpital, demeure introuvable. Poursuivi notamment pour détournement de deniers publics, corruption, faux et usage de faux, enrichissement illicite et complicité, il fait toujours l’objet de recherches. Les principaux accusés avaient été placés sous mandat de dépôt en avril dernier, à l’ouverture de la procédure judiciaire.
Sur le volet des réparations civiles, la CRIEF a ordonné à Soriba Soumah et à Ismaël Traoré de verser solidairement à l’État guinéen plus de 12 milliards de francs guinéens, répartis entre 8,486 milliards et 3,570 milliards de francs guinéens. À cette condamnation s’ajoute une réparation personnelle de 4,913 milliards de francs guinéens mise à la charge de Soriba Soumah.
La juridiction spécialisée a également évalué le préjudice subi par l’État à un milliard de francs guinéens et ordonné la confiscation de l’ensemble des biens appartenant aux personnes condamnées.
Ce verdict s’inscrit dans la dynamique de répression des infractions économiques et financières engagée par la CRIEF, qui poursuit ses actions contre plusieurs anciens gestionnaires d’établissements publics et hauts responsables administratifs accusés de malversations dans la gestion des deniers publics.
Facinet Soumah

