La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a tranché. La juridiction a confirmé la condamnation d’Ibrahima Chérif Bah, l’ex-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG).
Cette décision majeure intervient dans le cadre d’une affaire emblématique de détournement de fonds publics. Le dossier porté par le parquet spécial concernait un montant considérable estimé à 10 millions 5 mille dollars.
Plus d’un an après la première condamnation
L’ex-gouverneur de la BCRG avait déjà été condamné en mai 2025 par la chambre de jugement de la CRIEF. La peine prononcée comprenait cinq années de prison ferme et une amende particulièrement lourde de 5 milliards GNF.
La confiscation de ses biens au profit de l’État guinéen avait également été ordonnée par les premiers juges. M. Bah avait alors fait appel de cette décision pour tenter de faire annuler les condamnations prononcées contre lui.
L’ancien gouverneur n’a toutefois jamais comparu devant la juridiction d’appel saisie de son recours. Cette absence prolongée n’a pas empêché la chambre des appels de poursuivre l’examen complet du dossier en sa qualité de juridiction.
Un arrêt rendu par Francis Kova Zoumanigui
La chambre des appels a rendu son arrêt en audience publique sous la présidence du magistrat Francis Kova Zoumanigui. Cette décision particulièrement attendue confirme intégralement la culpabilité de l’ancien gouverneur de la Banque centrale guinéenne.
La cour a maintenu la peine de cinq ans d’emprisonnement initialement prononcée contre Ibrahima Chérif Bah. L’amende de 5 milliards de francs guinéens reste également de mise selon la décision rendue par la chambre des appels.
Un mandat d’arrêt a par ailleurs été émis contre l’intéressé pour permettre son interpellation effective. Cette mesure judiciaire vise désormais à assurer l’exécution concrète de la peine prononcée par les juridictions guinéennes.
Une confiscation totale des biens prononcée
La juridiction d’appel a également ordonné la confiscation de l’ensemble des biens de M. Bah. Cette confiscation s’opérera au profit de l’État guinéen, conformément aux dispositions du Code pénal guinéen en vigueur.
Sur le plan financier strict, la décision confirme intégralement les charges retenues contre l’ancien gouverneur. M. Bah est condamné au remboursement de la somme de 10 millions 5 mille dollars détournée des caisses publiques.
Le paiement de 10 milliards de francs guinéens en réparation du préjudice causé à l’État vient compléter ces sanctions financières considérables. Ces montants cumulés font de cette affaire l’une des plus lourdes condamnations financières prononcées par la CRIEF.
Une décision dans la dynamique CRIEF
Cette confirmation en appel s’inscrit dans la dynamique judiciaire intense observée actuellement au sein de la juridiction spécialisée. Le parquet dirigé par Alphonse Charles Wright maintient une pression constante contre les détournements de fonds publics présumés.
Plusieurs autres dossiers retentissants mobilisent simultanément la CRIEF dans cette période particulière. Le procès Kassory Fofana, l’affaire Mohamed Diané et le verdict attendu de l’affaire Oyé Guilavogui complètent ce tableau judiciaire chargé.
L’aboutissement définitif du dossier Ibrahima Chérif Bah renforce désormais la jurisprudence émergente en matière de lutte contre la corruption économique. La justice guinéenne démontre ainsi sa détermination à mener à terme les procédures engagées contre les anciens hauts responsables.
Facinet Soumah

