Le suspense est levé. Le 2 mai 2026, la Confédération africaine de football (CAF) a officiellement confirmé les dates. La 34ᵉ Coupe d’Afrique des nations se déroulera du 19 juin au 17 juillet 2027. Ces dates ont été validées par le Conseil de la FIFA réuni à Vancouver. Trois pays se partageront l’organisation : Kenya, Tanzanie et Ouganda. Une première historique pour le football africain. Mais derrière l’annonce, l’inquiétude grandit. Les retards de chantiers menacent le calendrier. Et l’Afrique du Sud pourrait s’inviter dans l’équation.
Une CAN historique à plus d’un titre
Cette édition 2027 sera la première dans l’histoire à être organisée par trois pays. La CAN avait déjà connu des co-organisations à deux. Mais jamais à trois. C’est un défi logistique inédit pour le continent.
Le retour en Afrique de l’Est est aussi un événement. La région, regroupée dans la zone CECAFA, n’avait plus accueilli la compétition depuis 1976. Cela faisait 51 ans. À l’époque, c’est l’Éthiopie qui avait été l’hôte. La candidature commune Kenya-Tanzanie-Ouganda avait été validée par la CAF le 7 avril 2023.
Le choix de juin-juillet n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une stratégie de long terme de la CAF. L’objectif : éviter les conflits récurrents avec les clubs européens. Ces derniers refusent souvent de libérer leurs joueurs en pleine saison.
Dix villes, neuf à dix stades prévus
L’ampleur du dispositif est considérable. La compétition pourrait mobiliser jusqu’à dix villes dans les trois pays. Voici la répartition prévue :
- Au Kenya : cinq stades sont engagés. Trois à Nairobi, dont un nouveau stade. Deux autres à Kakamega et Eldoret.
- En Tanzanie : quatre villes hôtes. Dar es Salam, Dodoma, Arusha et Zanzibar sont concernées. Deux nouveaux stades sont prévus à Arusha et Dodoma.
- En Ouganda : trois villes sélectionnées. Kampala, Hoima et Lira. Les deux dernières doivent bénéficier de nouveaux stades.
Le pays hôte du match d’ouverture et de la finale sera annoncé ultérieurement. Cette information, hautement stratégique, fait l’objet d’intenses discussions diplomatiques.
Les retards qui inquiètent la CAF
Si les dates sont confirmées, l’attribution reste fragile. Selon plusieurs sources concordantes, la situation des chantiers est très contrastée. Le journal Le Monde a même évoqué un rapport d’inspection alarmant.
La Tanzanie est le bon élève. Le pays semble respecter le calendrier prévu. Les travaux avancent à un rythme satisfaisant. Mais ce n’est pas le cas partout.
Le Kenya accumule des retards préoccupants. Les trois nouvelles infrastructures de Nairobi sont en retard. Les stades de Kakamega et d’Eldoret aussi. Le pays hôte du match d’ouverture pourrait pourtant être désigné parmi ces sites.
L’Ouganda est dans une situation similaire. Les nouveaux stades de Hoima et Lira progressent lentement. Les infrastructures d’accueil — hôtels, transports — accusent également du retard.
Face à ces difficultés, la CAF a multiplié les visites d’inspection. Les rapports remontent jusqu’au président Patrice Motsepe.
L’Afrique du Sud, plan B sérieux
C’est l’information qui circule désormais ouvertement. Selon plusieurs dirigeants de délégations africaines, l’Afrique du Sud est évoquée comme solution de secours.
Le scénario est précis. Si les retards persistent, Pretoria pourrait reprendre totalement l’organisation. La compétition serait alors reportée à l’été 2028. Cela laisserait au trio est-africain le temps de finir ses travaux.
L’Afrique du Sud présente plusieurs avantages décisifs. Le pays dispose d’infrastructures sportives de niveau mondial. Il a déjà organisé la Coupe du monde 2010. Il accueille régulièrement de grands événements continentaux. Sa logistique hôtelière et de transport est éprouvée.
Mais cette hypothèse soulève une autre question. Quelle serait la réaction des trois pays initialement désignés ? L’enjeu politique est considérable. Une telle décision ferait des vagues diplomatiques dans toute la région CECAFA.
Un enjeu économique majeur pour l’Afrique de l’Est
Au-delà du sport, la CAN 2027 représente une vitrine inestimable pour l’Afrique de l’Est. La compétition attire des millions de téléspectateurs. Elle génère des retombées économiques massives. Tourisme, infrastructures, image de marque : tous les secteurs en bénéficient.
Pour le Kenya, c’est l’occasion d’asseoir son leadership régional. La Tanzanie, c’est une vitrine pour son secteur touristique. Pour l’Ouganda, c’est un test de modernisation accélérée.
L’édition 2027 sera également la dernière selon le format actuel. À partir de 2028, la CAN passera à une périodicité de quatre ans au lieu de deux. Un changement majeur dans le calendrier du football africain.
Que retenir ?
L’officialisation des dates de la CAN 2027 marque trois enseignements clés :
- Une première historique se confirme. Trois pays organisateurs, retour en Afrique de l’Est après 51 ans : le tournoi marquera l’histoire de la CAN.
- L’incertitude demeure forte. Les retards au Kenya et en Ouganda compromettent sérieusement la tenue à la date prévue. Le scénario d’un report n’est pas exclu.
- L’Afrique du Sud reste en embuscade. Pretoria pourrait reprendre l’organisation à 12 mois de l’événement, en cas d’échec du trio.
La question est maintenant claire. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda parviendront-ils à livrer dans les temps ? La réponse devrait être tranchée dans les prochaines semaines, à mesure que les inspections de la CAF se multiplient.
Xolomo Tokpa

